Rambouillet : les anti chasse à courre ne désarment pas

Une chasse aux chasseurs a lieu chaque samedi dans la forêt de Rambouillet. Et c’est le collectif AVA Rambouillet (Abolissons la vènerie aujourd’hui) qui traque l’équipage de chasse à courre de Bonnelles.

Une matinée physique dans la forêt de Rambouillet, où chaque militant se déplace à vélo afin de suivre au mieux l’équipage. « Au début, plusieurs personnes partent en éclaireurs. Ils localisent la chasse puis nous les rejoignons », explique Ophélie, 26 ans.

Ce samedi, le collectif AVA accueille de nouveaux membres. « Nous sommes une trentaine aujourd’hui, c’est notre record », s’enthousiasme Ophélie. Depuis la mise en ligne d’une video la semaine dernière dans laquelle une militante s’est jetée à l’eau pour sauver un cerf, de nombreuses personnes ont rejoint le collectif.

C’est le cas de Christophe, policier : « Je suis cavalier, c’est une cause qui me touche beaucoup. La chasse à courre épuise les chiens, les chevaux et le gibier. C’est du surmenage, dénonce ce nouveau militant. Tout ça, pour qu’ils ne soient même pas mangés. C’est un sport malsain. »

Le climat est tendu avec les chasseurs et avec les suiveurs, ces fans qui se contentent d’assister à la chasse, en voiture ou à vélo. Dès qu’ils se croisent, les insultes fusent. « Pourtant, on se contente de les suivre, insiste Ophélie. On n’agit que s’il se passe quelque chose de grave pour l’animal. »

Il n’empêche, lors d’une pause de l’AVA, des suiveurs à vélo passent à côté et l’un d’eux crache gratuitement au visage d’une militante avant de décamper. Le groupe s’indigne. « Ça peut être difficile pour les nouveaux, réagit Ophélie. Nerveusement c’est très dur. Il faut savoir garder son sang-froid. »

« Nous ne sommes pas contre la chasse, nous sommes contre la chasse à courre. Notre objectif est de l’abolir», affirme Hervé, le père d’Ophélie. Pour Michel, cofondateur de l’AVA Rambouillet, la priorité est le traitement des animaux : « Nous sommes contre cette méthode de torture. Ils jouent en tuant. Nous sommes un mouvement pacifiste. Nous n’avons rien contre eux mais la tradition ne peut pas tout justifier . »

Du côté opposé, la présence de l’AVA dérange, évidemment. « Ils ne connaissent rien à la chasse à courre. C’est de la provocation », s’agace Albert, un suiveur. D’ailleurs, l’équipage de Bonnelles ne compte pas se laisser faire et revendique ses droits : « La chasse à courre est autorisée par la loi. L’AVA vient nous perturber. Je ne comprends pas leur façon de faire. S’ils sont contre la chasse à courre ils n’ont qu’à manifester devant l’Assemblée et déposer une loi. Nous sommes en démocratie et il faut respecter les activités de chacun », déclare le chef de l’équipage de Bonnelles, Daniel Aubry.

Ce samedi, ils sont rentrés bredouilles. Aucun animal n’a été levé par leur équipage.