Européennes : duo Aubry-Bompard à la tête de la liste La France insoumise

LE SCAN POLITIQUE – La spécialiste de l’évasion fiscale Manon Aubry conduira la liste LFI aux européennes de mai avec Manuel Bompard, directeur des campagnes du parti. Jean-Luc Mélenchon est avant-dernier, en position non-éligible. Découvrez les 79 candidats «Insoumis».

Jean-Luc Mélenchon pourra s’en vanter: il est le premier chef de parti à présenter tous ses candidats aux européennes du 26 mai. Alors que les autres mouvements attendent au plus tôt le mois de janvier pour s’y employer, La France insoumise (LFI) a révélé samedi 79 noms, soumis au vote de ses miliants jusqu’à dimanche, 11 heures, à l’occasion de la convention nationale du parti à Bordeaux (Gironde).

Parmi les candidats figurent de nombreuses personnes issues de la société civile, en tête desquelles figure Manon Aubry (sans lien de parenté avec la maire socialiste de Lille Martine Aubry, NDLR). Numéro un de la liste, cette jeune femme de 29 ans est spécialiste de l’évasion fiscale et porte-parole de l’ONG de lutte contre la pauvreté Oxfam, en France, dirigée par l’ancienne ministre écologiste Cécile Duflot. «J’ai envie de passer six mois à parler de l’Europe, de justice fiscale, d’évasion fiscale», explique cette novice en politique. «Je me prépare à ce que ce soit violent. Je n’ai pas peur. J’ai envie de partir des idées, de ramener le débat, le fond au centre».

Élaboration poussive

Manon Aubry «fait chier les multinationales sur les questions d’évasion fiscale. C’est la candidate qu’il nous faut.»

Manon Aubry doit sa première place à la défection, officiellement pour des raisons «personnelles». de Charlotte Girard, opposée en interne au numéro deux des candidats, Manuel Bompard, et jusqu’alors pressentie pour conduire la liste, dont elle est aujourd’hui le dernier nom. L’arrivée au premier plan d’une inconnue en politique est saluée par l’ancien eurodéputé socialiste Emmanuel Maurel, désormais allié à Jean-Luc Mélenchon et en 6ème position de la liste. «Elle fait chier les multinationales sur les questions d’évasion fiscale. C’est la candidate qu’il nous faut», explique-t-il, alors que l’élaboration de la liste, poussive, a pris des allures de casse-tête et même de tranche-tête, avec l’exclusion de la liste de deux «frondeurs».

Le tandem Aubry-Bompard est suivi de Leïla Chaibi, 36 ans, militante pour le droit au logement et initiatrice de Jeudi Noir, un collectif créé en 2006 pour dénoncer la hausse des prix des loyers, et de l’unique «Insoumis» présent au Parlement européen, Younous Omarjee. En 9ème position figure Farida Amrani, l’«Insoumise» qui avait failli ravir à Manuel Valls son siège de député, en juin 2017, à 139 voix près. Le politologue Thomas Guénolé et l’ancien député écologiste Sergio Coronado se présentent en 14ème position et 16ème position – deux places éligibles en cas de résultat élevé, supérieur aux 11% d’intentions de vote actuelles pour la liste LFI, selon le dernier sondage Elabe pour BFMTV.

Élu député en juin 2017, Jean-Luc Mélenchon «a de quoi (s’)occuper» et n’est qu’avant-dernier sur la liste, en position non-éligible. Il devrait cependant se révéler comme le premier porte-parole dans les médias de la campagne LFI, pour défendre «la souveraineté populaire» et combattre «les traités européens». C’est le grand paradoxe de ces élections européennes. Désormais organisé à l’échelle nationale, et non plus régionale, le scrutin pourrait aligner les têtes d’affiche de premier plan. Mais aux Républicains (LR), au Rassemblement national (RN) et à La France insoumise (LFI), aucun leader n’a l’intention de se présenter comme numéro un pour entrer au Parlement européen.


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