Recherche animale Quand les internautes s'en prennent au Téléthon

Quel est le débat ?

« Téléthon=souffrance animale ». « Je ne cautionne pas les financeurs de la souffrance animale ». Après la publication d’un article expliquant que le Téléthon ne sera pas retransmis en direct de la Concorde du fait des manifestations de Gilets jaunes prévues, nous avons reçu une salve de commentaires de cet acabit sur Facebook comme sur Twitter. D’autres lecteurs ont réagi, à l’instar de cette lectrice qui témoigne « Je ne vous souhaite pas d avoir un enfant atteint d’amyotrophie spinale. Je sais de quoi je parle, mon fils d’un an et demi est atteint de cette maladie alors oui si la recherche sur les animaux peut aider à soigner ou améliorer les conditions de vie de mon garçon qui ne pourra pas marcher je ne suis pas contre. » Il n’empêche, si ces commentaires appelant à « ne pas donner pour sauver des animaux » existaient, c’est la première année qu’ils prennent une telle place.

Le Téléthon, c’est quoi ?

Depuis 31 ans, cet événement caritatif organisé par l’Association française contre les myopathies organise un marathon visuel début décembre pour financer des projets de recherche sur les maladies génétiques neuromusculaires et maladies génétiques rares. L’argent est aussi utilisé pour aider et accompagner les malades essentiellement atteints de myopathie.

L’association française des myopathies a-t-elle recours à la recherche sur les animaux ?

Oui. De plus en plus confrontée à ces critiques, l’AFM s’en explique sur le site du Téléthon, arguant que « les modèles animaux sont ceux qui sont au plus proche du modèle humain » et que « les études sur les cellules ou les modèles informatiques ne peuvent à ce jour remplacer l’observation dans un organisme complet vivant ».

À quoi servent ces recherches ?

Ces études dites in vivo ont pour objectif « d’évaluer l’absence de toxicité et d’apporter la preuve de l’intérêt et de l’efficacité d’un nouveau traitement envisagé ». En gros, pour le moment, les scientifiques défendent le fait que l’on n’a pas de meilleures méthodes pour être sûrs d’un médicament avant de le donner aux humains.

Quels animaux sont utilisés pour la recherche animale ?

La souris est de loin le modèle auquel les chercheurs ont le plus recours. Elle représente de nombreuses similitudes génétiques, immunologiques, physiologiques et pathologiques avec l’Homme. 80 % des animaux utilisés dans le processus de la recherche In vivo sont des souris et des poissons.

A-t-on recours à d’autres méthodes ?

Les méthodes de recherche sans expérimentation sur les animaux représentent 70 % des protocoles. Le nombre d’animaux utilisés dans la recherche est hyper encadrée par l’Europe et la France et est en diminution depuis de nombreuses années
 : le Gircor (groupe interprofessionnel de réflexion et de communication sur la recherche) a évalué cette baisse à 40 % depuis 2000.