Protection de l'enfance : tensions au conseil départemental de l'Indre-et-Loire

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Manifestation des agents hier matin.

© (Photo NR, Julien Pruvost)

La Protection de l’enfance se réorganise dans un contexte explosif (Gilets jaunes, mineurs étrangers, opposition des agents sociaux). Session agitée, hier.

Manifestation des agents devant l’hôtel du Département place de la préfecture hier matin, salle des débats occupée dans la foulée, le tout sur fond d’afflux des mineurs étrangers et un contexte national explosif qui vire du jaune au noir… Les élus départementaux rêvaient mieux pour parler de leur plan de Protection de l’enfance.
Pour les agents et professionnels associatifs qui œuvrent au quotidien dans ce domaine sensible, réunis sous les banderoles revendicatives, « on va tout droit à la casse des services, à la casse sociale, à l’externalisation des missions ». La première vice-présidente chargée du social, Nadège Arnault, s’élève contre cette vision négative du sujet « alors que depuis quatre ans, le Département assume entièrement sa compétence de chef de file de la Protection de l’enfance ».
Le budget départemental alloué et consommé à l’Enfance a augmenté de 10 %, passant de 61,4 millions à 67,6 millions entre 2015 et 2018. « Aujourd’hui, nous allons proposer de prendre en charge la totalité des mesures en attente d’assistance éducative en milieu ouvert, soit 117 mesures pour un coût global de près de 584.000 €, de la fin 2018 à l’été 2020 », précise-t-elle.
La commission de sélection des appels à projets travaille « avec objectivité et impartialité à l’égard des candidats auditionnés », et les objectifs sont clairs : « Renforcer l’offre de prévention et de protection à domicile, apporter des réponses adaptées et individualisées, en impliquant les familles, ce qui suppose un maillage territorial des dispositifs en proximité ».
“ Appel à l’apaisement ” En bref, une nouvelle répartition territoriale et qualitative de l’offre de la protection de l’enfance s’impose. Le conseil départemental « s’engage à maintenir les emplois ».
Le travail social du Département a été « salué » par le gouvernement et le délégué interministériel à la Pauvreté, rappelle le président Jean-Gérard Paumier. Il écarte « toutes les pressions inacceptables faites sur (son) assemblée » et appelle à « l’apaisement ». Hier, les élus départementaux se serraient les coudes et votaient à l’unanimité sur tous ces dossiers.

Mineurs étrangers isolés (MNA). 540 nouveaux sont arrivés entre octobre et novembre, « soit presque autant que sur toute l’année dernière, 563 », précise le président Paumier, qui ajoute : « Malgré les dix-sept postes créés depuis janvier, nous sommes dans l’impossibilité de tenir les délais de la loi pour leur évaluation ». La solution de l’hébergement en hôtels « est la plus simple et la moins coûteuse ». La convention a été reconduite avec quatre hôtels de Tours (Saint-Eloi, du Parc, Berthelot et 5-9), et 55 places sont louées à l’année par le Département dans un hôtel de Saint-Avertin, pour l’accueil des MNA.
Centre de vacances de Longeville-sur-Mer. Les travaux de rénovation, projet ambitieux, débuteront en septembre. D’ici deux ans, le centre pourra fonctionner dix mois sur douze.
Primes. La prime accordée par l’ex-présidente Claude Roiron aux personnels du Département est pérennisée. Une autre prime, exceptionnelle, de 100 € est accordée à tous pour les efforts d’économies de fonctionnement faits et le travail sur les grands projets et schémas départementaux.

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Journaliste, rédaction d’Indre-et-Loire, Tours