Pourquoi les autorités redoutent «l'acte 4» de la mobilisation des «gilets jaunes»

Le week-end dernier, une inédite vague de violence a déferlé dans les rues de Paris. Ce samedi, les « 
gilets jaunes » s’apprêtent une nouvelle fois à manifester dans la capitale. Alors que des stigmates de leur dernière mobilisation sont toujours visibles dans les artères de beaux quartiers parisiens, les autorités redoutent ce nouveau rendez-vous qui pourrait rassembler « des personnes pacifiques », mais aussi « des éléments radicaux, des factieux » qui veulent « marcher sur l’Elysée », selon le ministre de l’Intérieur. Peut-être même des militants étrangers violents, a ajouté ce vendredi
Christophe Castaner lors d’une conférence de presse.

Les autorités redoutent aussi que certains manifestants viennent armés, comme l’a assuré dans une interview au Parisien le porte parole du gouvernement, Benjamin Grivaux. Christophe Castaner a ainsi expliqué qu’un homme avait été interpellé jeudi par les forces de l’ordre après avoir exprimé sur les réseaux sociaux sa volonté de « dégommer des monuments et de tuer la République ». Le suspect avait même écrit sur Facebook que, selon lui, « un bon flic est un flic crevé ». Lors de la perquisition de son appartement, deux armes de poing : un revolver 357 magnum et un pistolet MAB calibre 7.65 ont été retrouvés. Mais aussi du matériel pour manifester comme « des gants, un masque de protection, des genouillères ».

Des forces de l’ordre plus mobiles

Pour faire face, le ministère de l’Intérieur va déployer un dispositif « sans précédent ». 89.000 policiers et gendarmes seront mobilisés sur l’ensemble du territoire, dont 8.000 rien qu’à Paris. Au total, 60.000 gendarmes seront « consacrés à la gestion de la manifestation de l’ordre publique et aussi à la gestion du quotidien », a indiqué ce vendredi sur CNews leur patron, le général Richard Lizurey. En outre, douze véhicules blindés de la gendarmerie, dont la mission est la « protection contre les projectiles, les cocktails Molotov, les boules de pétanques », seront déployés dans la capitale. Enfin, le GIGN et ses antennes régionales ont été placés en « alerte renforcée ».

Le dispositif de maintien de l’ordre, mis en place samedi dernier, a fait l’objet de nombreuses critiques. Une partie des CRS et gendarmes mobiles étaient « positionnées sur des points de filtrages, ou dans le quartier de la place Beauvau ». « Par conséquent, nous avions peu de policiers à la manœuvre, et peu de monde derrière en appui », a
expliqué jeudi, à 20 Minutes, Grégory Joron, secrétaire national du syndicat Unité SGP-Police FO, en charge des CRS. Christophe Castaner a affirmé que la place Beauvau avait, depuis, fait évoluer la doctrine de maintien de l’ordre. En clair, les forces de l’ordre seraient davantage mobiles pour interpeller ceux qui sont présentés comme des casseurs.

« Adapter notre réponse »

Enfin, le procureur de Paris, Rémy Heitz, a annoncé vendredi avoir pris des réquisitions afin de permettre aux policiers d’interpeller samedi des personnes venues « en découdre avec les forces de l’ordre ». « Notre devoir, c’est d’adapter notre réponse pour faire en sorte qu’elle fasse reculer le sentiment d’impunité et que justice passe », a-t-il estimé sur RTL. Samedi, dernier, 412 personnes ont été interpellées dans la capitale. Parmi elles, 383 ont été placées en garde à vue, selon le parquet de Paris. 99 personnes ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel pour être jugées en comparution immédiate. Certaines d’entre elles ont été condamnées à de la prison ferme.

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