Pour le porte-parole des gilets jaunes libres, "Macron a la destinée de la France dans ses mains"

GILETS JAUNES – “Je pense que nous devons être sages, et attendre les propos de notre président de la République.” Ce vendredi 7 décembre au soir, les Gilets jaunes libres -des manifestants qui se sont regroupés derrière une ligne plus modérée que ceux qui appellent aux violences et à la destitution d’Emmanuel Macron– ont été reçus en dernière minute par Édouard Philippe, à la veille d’un samedi de mobilisation que nombre d’observateurs et de politiques redoutent car pouvant donner lieu à des violences plus terribles encore que celles du 1er décembre.

Au terme d’un entretien d’une heure et demie, leur porte-parole, Christophe Chalençon, a envoyé un message d’apaisement, estimant avoir été entendu par le Premier ministre. “Nous avons réussi à nous unir, ce qui nous était demandé par le pouvoir politique. Nous avons demandé à être reçus cette après-midi alors que nous n’avions pas rendez-vous et nous l’avons été. Nous avons été écoutés, pendant une heure et demie”, s’est-il félicité. “Je pense que notre travail est fait. Maintenant, c’est au président de la République de prendre ses responsabilités.”

En effet, les gilets jaunes libres et leur porte-parole attendent désormais que le chef de l’État réponde à leurs attentes, dans son allocution du début de semaine prochaine. “La République est entre les mains de monsieur Macron. Je pense que nous vivons un moment historique, parce que si monsieur Macron ne prend pas la mesure des demandes du peuples de France j’ai bien peur que…”, a notamment prévenu Christophe Chalençon. “Aujourd’hui nous attendons monsieur Macron. J’espère qu’il va parler au peuple de France comme un père, avec amour et respect, et qu’il prendra des décisions fortes qui feront que le peuple ne se retrouvera plus dans la rue après son discours.”

Pour l’heure, les gilets jaunes libres estiment avoir rempli leur devoir vis-à-vis du peuple et de ceux qu’ils représentaient face au chef du gouvernement ce vendredi. “Nous avons fait notre travail, nous avons porté la voix des gilets jaunes, nous avons analysé pendant plusieurs semaines les revendications, nous les avons mises sur la table (la CGS, l’augmentation du SMIC…). Le Premier ministre nous a entendu et il va être le messager auprès du président de la République.”

À en croire Christophe Chalençon, l’exécutif semble donc avoir pris la mesure de la grogne populaire: “Le Premier ministre est inquiet, oui. Vous savez, quand la Nation en est là où elle en est, l’image qu’elle porte au niveau des autres nations, je pense qu’il a de quoi être inquiet et soucieux. Sinon il serait irresponsable. Et je ne pense pas qu’il ait été irresponsable ce soir. “

Et de fait, celui qui a expliqué qu’il serait en gilet jaune à Paris ce samedi, mais pour défiler au sein de la marche pour le climat “parce que c’est aussi une responsabilité”, est confiant pour la suite: “Je pense que la nation France est une grande nation, le peuple de France est un peuple fier, fort, travailleur. Je pense que oui: on doit espérer. Bien entendu.”

C’est en ce sens qu’il a renouvelé son appel aux gilets jaunes à ne pas se rendre dans la capitale, pour ne pas heurter davantage des Français qui ont les mêmes revendications et les mêmes besoins que les membres du mouvement. “Le message on l’a déjà fait passer hier: c’est de ne pas venir manifester dans la capitale. Aujourd’hui, il y a beaucoup de boutiques, de commerçants qui ont besoin de vivre, et je crois qu’on les a déjà assez impactés (sic). Des casses ont eu lieu. Il ne faut pas non plus allez rencontrer les citoyens que sont les forces de l’ordre, qui ont les mêmes problèmes que nous. Il y a déjà quatre morts au tapis, il faut éviter encore une fois de créer de nouveaux blessés. Je pense que nous devons être sages, et attendre les propos de notre président de la République.”

Surtout, le porte-parole des Gilets jaunes libres, plus modérés donc qu’une partie des manifestants, a rappelé la volonté d’apaisement de sa mouvance. “Ce n’est pas une révolution que nous voulons, c’est une évolution de la société. Une évolution doit se faire dans le calme, de manière pacifique, comme l’a été ce mouvement au départ. Et je pense que nous sommes sur le bon chemin.”

Et de conclure, avec gravité: “Maintenant, monsieur Macron a la destinée de la France dans ses mains. C’est lui qui a la clé de la serrure.”

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