Netflix a gagné: Canal+ arrête définitivement CanalPlay

Elle est venue, elle a vu et a été vaincue. La plateforme de vidéo à la demande de Canal+ vit ses derniers jours. Maxime Saada, président du directoire du groupe, a annoncé que l’offre par abonnement sera bientôt supprimée. «
 CanalPlay a disparu de la circulation, à tel point qu’on va arrêter cette offre dans quelques semaines
 »
, a-t-il déclaré devant la Commission des affaires culturelles.

Il y a quelques années encore, CanalPlay était présenté comme le grand concurrent de Netflix. Mais c’est bien le géant qui, sans surprise, a remporté la bataille de la VOD en France. Pour Maxime Saada, la plateforme américaine est responsable de la mort du service français : «
 Aujourd’hui Netflix est dominant, archidominant, voire monopolistique
 »
. Pour preuve, CanalPlay est passé de 800.000 à 200.000 abonnés en quelques mois. «
 En deux ans, on a été rayés de la carte sur ce marché, qui est en train de se substituer à la télévision
 »
, a jouté le patron cet été. Une opération de sauvetage n’était pas envisageable.

Récemment, le catalogue de CanalPlay a été intégré à celui de Start By Canal, un service d’abord réservé aux abonnés Bouygues ensuite étendu à tout le public. CanalPlay ne sera pas remplacé mais les abonnés seront transférés dans l’offre myCanal, un service qui regroupe toutes les offres de Canal+ sur tous les supports.

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Selon Maxime Saada, les contraintes imposées par l’Autorité de la Concurrence ne l’ont pas aidé. «
 On nous a interdit d’avoir des exclusivités sur CanalPlay pour favoriser l’émergence d’acteurs concurrents : ça a bien réussi
 »
, lâche-t-il avec regret. En 4 ans d’existence en France, Netflix a séduit près de 4 millions d’abonnés. Le patron estime que le piratage y est aussi pour quelque chose dans la chute de CanalPlay, mais aussi dans la perte d’abonnés à Canal+ en général.

Selon les observateurs, le groupe Canal a réagi trop tardivement à l’arrivée du géant américain. Notamment sur le coût de ses abonnements, qui auraient pu être revu à la baisse, proposant moins d’exclusivités, afin de permettre aux Français de cumuler plusieurs abonnements sans craindre pour leur portefeuille. En Belgique, Be TV continue de proposer des contenus exclusifs, des avant-premières, et a développé son application de vidéo à la demande. Pas le choix, il est urgent de s’adapter.

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