Minuit : Chichin-Ringer, nouvelle génération rock

Lorsque Minuit apparaît sur la scène de la Cigale, la température monte aussitôt d’un cran. De paillettes revêtue, les yeux auréolés d’un bleu turquoise, Simone Ringer chante fort et bien sans jamais forcer, accompagnée de ses chics types : son frère, Raoul Chichin, assure à la guitare, comme Joseph Delmas, avec qui il a fondé le groupe, tandis que Klem Aubert tient la basse. Sous les sunlights de la salle parisienne (inaugurée par les Rita Mitsouko en 1987 !), Minuit sert un cocktail électrique ponctué de solos de guitare ébouriffants. Toute en énergie féline, Simone incarne les paroles qu’elle a signées de sa plume, évoquant l’amour, l’amitié, la solitude et les voyages.

« On a quelque chose à montrer sur scène, dit-elle. A chaque fois, on noue un lien très fort avec le public, même quand il ne nous connaît pas à l’origine. » En effet, il y a forcément les curieux venus voir ce dont était capable la progéniture des Rita Mitsouko, avant de repartir bluffés : pas besoin de chercher minuit à 14 heures, le talent est au rendez-vous.

Depuis sa naissance en 2013, Minuit ne cesse de monter en puissance, également boosté par un univers visuel très coloré imaginé par Simone, qui était graphiste avant d’officier au micro. Après une poignée de singles et une série de performances, le quatuor vient de publier son premier album, « Vertigo ». « Un premier album, ça donne le vertige avec le flip, l’excitation, les obstacles et les facilités. Ce gros tourbillon, c’est “Vertigo”. » La musique, elle, se situe dans la lignée des éminents parents Chichin-Ringer, donc rock, revisité à la sauce disco et funk. Une évidence quand on est influencé par Billy Idol, Midnight Star, Michael Jackson, The Carpenters, Chic, T. Rex ou Blondie – auquel Minuit rend hommage avec le titre d’ouverture de l’album.

Quand la joyeuse bande doit donner sa définition du rock’n’roll, la réponse de Raoul fuse : « Chuck Berry ! » « Ça doit donner envie de remuer, de danser, précise Joseph. La première fois que j’ai entendu Simone chanter, j’ai pensé : “On dirait Catherine Ringer, mais c’est vachement bien !” Avec Simone, on a surtout trouvé la force de caractère qu’on recherchait. »

L’intéressée nous rappelle alors la pire question qu’on lui ait jamais posée : lorsqu’on lui a demandé si elle faisait exprès d’imiter sa mère. Comme si elle pouvait contrôler ses gènes ! En tout cas, elle a hérité d’un fort tempérament, rayonnant au sein d’un groupe cependant démocratique – d’après elle, il s’agit d’« une relation de couple à quatre ». « L’artistique, le social, l’affectif, l’économique… on arrive à tout concilier, confirme Klem. Notre secret, c’est de ranger les ego de côté et accepter de se faire chambrer ! » Une chose est sûre, avec Minuit, on n’est pas prêt de dormir.

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