Lille: Une bière fermentée à l'aide de bactéries vaginales

La Pologne, l’autre pays de la bière. Hébergée dans les locaux d’Euratechnologies, à Lille, la start-up
Praline et Priape commercialise sur son site Web toute sorte d’objets coquins. Pour les fêtes de fin d’année, Maxime et Elodie, les deux fondateurs, ont dégoté un nouveau produit importé de
Pologne : une bière « vaginale ». Explications.

« Pas le goût que l’on imagine »

« Cette bière n’a pas le goût que l’on imagine », assure d’emblée Elodie, anticipant l’inévitable question. Pour autant, il y a effectivement une part très concrète de féminité dans ce produit, importé de Pologne, que ses créateurs ont appelé « The order of Yoni ». « Si l’on traduit, cela signifie ”L’ordre de la vulve”, Yoni étant le mot utilisé dans l’hindouisme pour désigner l’organe génital féminin », explique la jeune femme.

Les créateurs de cette bière ont mis deux ans pour peaufiner leur procédé de fabrication, trouver un laboratoire et une brasserie avant de sortir les premières bouteilles. En début de chaîne, il y a Monika et Paulina, deux mannequins réputés en Pologne. « Le prérequis était qu’elles ne soient pas liées au domaine du sexe. Elles ont été rémunérées pour que l’on effectue un prélèvement vaginal à chacune d’elles », précise Elodie. Les échantillons ont ensuite été envoyés dans un laboratoire. « Les bactéries ont été isolées, nettoyées, identifiées et ensuite multipliées », poursuit-elle. C’est grâce à ces
bactéries que le procédé de fermentation est mis en place dans la brasserie.

Une blonde et une brune au goût épicé

Au final, on obtient deux produits : « Une blonde et une brune de type triple à 8° au goût épicé. Dans la Monika il y a une touche de champagne. Dans la Paulina, une touche de Muscat », détaille Elodie. Le pack de deux bouteilles de 50cl est vendu 15,90 euros. Et ça marche plutôt bien, Praline et priape écoule 3.000 bouteilles par semaine.

Et la dignité de la femme dans tout ça ? « Je suis une femme et ça ne me choque pas, proteste Elodie. Les concepteurs de la bière, eux, mettent l’accent sur le côté sexy. Ce n’est pas notre cas. Nous voulons plutôt mettre en avant le procédé de fabrication qui est unique », assure-t-elle. L’autre argument, c’est la sortie prochaine d’une série réalisée grâce à des prélèvements effectués sur des hommes. En revanche, on ne connaît pas encore le nom qui lui sera donné.

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