Les avions de combat soumis au peuple

L’Assemblée fédérale a élu mercredi deux femmes au Conseil fédéral. La PDC valaisanne Viola Amherd succédera à Doris Leuthard. Au PLR, Karin Keller-Sutter remplacera Johann Schneider-Ammann.

10h35: Z’graggen « très heureuse »

« Je suis aussi heureuse aujourd’hui. Je voudrais d’abord féliciter les nouvelles élues au Conseil fédéral. Je suis fière d’avoir trois femmes au gouvernement », a dit la candidate non-élue Heidi Z’graggen (PDC).

Je ne regrette pas du tout. C’était une expérience très riche, souligne l’Uranaise. Elle connaît désormais mieux les institutions de la Suisse, le Parlement et les parlementaires.

10h30: vers une valse des départements

Cette double élection au Conseil fédéral pourrait entraîner une large redistribution des départements. Le portefeuille de Doris Leuthard risque d’être très convoité et la vacance à l’Economie ouvre le jeu.

Rien n’assure à un nouveau conseiller fédéral de reprendre le dicastère laissé vacant par son prédécesseur. La tradition veut que les ministres déjà en poste puissent faire valoir leur préférence par ordre d’ancienneté. S’ils ne se mettent pas d’accord, les conseillers fédéraux votent.

Le Département de l’environnement, des transports, de l’énergie et la communication (DETEC) pourrait intéresser tous les partis. Les conseillers fédéraux socialistes pourraient vouloir laver l’affront fait au PS en 2010. Sous pression bourgeoise, le DETEC avait filé sous le nez du parti. Le département était aux mains de Moritz Leuenberger.

10h20: les compétences de Viola Amherd

« Viola Amherd sera une excellente ministre », estime Mathias Reynard (PS/VS). C’est une femme très compétente, malgré sa discrétion. Viola Amherd a su travailler avec efficacité. Cette élection est la « preuve que le travail ça paie », a souligné le Valaisan.

Le PLR valaisan Philippe Nantermod salue le « score extraordinaire » de Viola Amherd. Il a également souligné que ses excellentes relations avec le Parlement et sa prestation lors des hearings avec les groupes lui ont permis d’accumuler un nombre impressionnant de soutiens ces derniers jours.

De son côté, le conseiller national Yves Nidegger « regrette l’élection de Viola Amherd ». Selon lui, cette élection « va changer l’équilibre du Conseil fédéral. » En ce moment, entre conservateurs, pro-économie, anti-économie et progressistes, le gouvernement reflète bien l’équilibre du Parlement. Maintenant, « on va repartir vers la gauche ».

10h15: KKS prête à collaborer

En Suisse, on ne peut gagner qu’ensemble, a déclaré la nouvelle conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, au moment d’accepter son élection. Il faut vouloir collaborer et trouver des solutions au-delà des frontières partisanes pour trouver une majorité auprès du peuple.

La politique européenne, sociale, fiscale, l’énergie ou l’environnement préoccupent les Suisses. Les solutions ne se trouvent pas en parfaite harmonie, mais par un dialogue constructif, a déclaré la libérale-radicale saint-galloise à la tribune de l’Assemblée fédérale après son élection.

« Dans notre pays, un seul être humain n’a qu’une influence limitée ». On ne peut résoudre les problèmes qu’ensemble, a-t-elle dit. Il en va de même au gouvernement. Karin Keller-Sutter a aussi relevé que son élection constitue la fin d’un chapitre difficile pour les femmes du PLR. Il aura fallu attendre près de 30 ans pour que l’une d’entre elles retrouve un fauteuil au gouvernement, la dernière étant Elisabeth Kopp.

10h15: des régions mieux représentées

Les différentes régions du pays seront désormais mieux représentées au sein du gouvernement. La Suisse orientale et l’Arc alpin ne sont plus laissés de côté. Avec le départ du PLR bernois Johann Schneider-Ammann, l’ »Espace Mitteland » n’a plus que deux conseillers fédéraux: le Fribourgeois Alain Berset et la Bernoise Simonetta Sommaruga. Vaud est représenté par Guy Parmelin, Zurich par Ueli Maurer et le Tessin par Ignazio Cassis.

La Suisse orientale n’est plus laissée à l’écart, grâce à la PLR Karin Keller-Sutter. L’Arc alpin n’a pas été oublié. Pour la quatrième fois de l’histoire, le Valais est représenté au Conseil fédéral avec la démocrate-chrétienne Viola Amherd.

L’équilibre entre les langues au sein du Conseil fédéral reste quant à lui le même, soit quatre germanophones, deux francophones et un italophone.

10h05: un gouvernement rajeuni

L’arrivée de Karin Keller-Sutter, 54 ans, et de Viola Amherd, 56 ans, va légèrement rajeunir le Conseil fédéral. La moyenne d’âge va passer de 59 ans à 57 ans et 5 mois.

Ueli Maurer, 68 ans sera le doyen d’âge, Alain Berset, 46 ans, le benjamin. Simonetta Sommaruga a 58 ans, Guy Parmelin 59 ans, Ignazio Cassis 57 ans. Les démissionnaires Johann Schneider-Ammann et Doris Leuthard ont quant à eux soufflés respectivement 66 et 55 bougies.

10h00: Karin Keller-Sutter élue au premier tour

Pas de suspense pour l’élection au siège PLR. La conseillère aux Etats Karin Keller-Sutter a été élue dès le premier tour avec 154 voix sur 237.

09h40: le PLR a droit à son deuxième siège

Le groupe PLR est sans conteste la troisième force du Parlement. Notre droit à un deuxième siège est indiscutable, a déclaré Beat Walti (ZH) chef du groupe PLR avant l’élection du successeur de Johann Schneider-Ammann.

Les autres partis n’ont apparemment pas remis ce droit en question lors des auditions, s’est félicité le Zurichois. Le PLR a présenté deux candidats aux compétences confirmées, mais aux orientations politiques différentes. Tous deux s’engageront pour des institutions fortes qui fonctionnent.

09h40: quatrième fois pour le Valais

C’est la quatrième fois de l’histoire que le Valais est représenté au Conseil fédéral. La démocrate-chrétienne a la même appartenance partisane que le premier représentant du canton au gouvernement Josef Escher, qui a siégé au Conseil fédéral de 1950 jusqu’à son décès fin 1954.

Tout comme lui, Viola Amherd vient du Haut-Valais. Les deux autres ministres étaient romands: le PDC Roger Bonvin (1962-1973) et le radical Pascal Couchepin (1998-2009).

09h30: favoriser les compromis

La nouvelle conseillère fédérale Viola Amherd veut préserver la voie du compromis au sein du gouvernement. « Je suis consciente de la tâche qui m’incombe et je l’accomplirai avec sincérité et collégialité », a-t-elle dit après son élection à la tribune de l’Assemblée fédérale.

« C’est un grand honneur pour moi et mon canton », a-t-elle ajouté. La démocrate-chrétienne valaisanne s’est dite prête à relever le mandat pour lequel elle a été élue en favorisant des solutions pragmatiques et efficaces pour la Suisse et ses habitants. « Je promets que je ferai tout pour relever les défis et servir notre pays ».

09h20: Viola Amherd élue au premier tour

Viola Amherd remplacera Doris Leuthard au Conseil fédéral. L’Assemblée fédérale a élu au premier tour la conseillère nationale valaisanne par 148 voix sur 240 bulletins valables.

Heidi Z’graggen obtient 60 voix. Dix-sept voix sont allées au président du PDC suisse Gerhard Pfister. Il y a eu quinze voix éparses. L’ancienne présidente de la ville de Brigue a accepté son élection.

09h00: le PDC défend ses candidates

Le PDC tient à la formule magique et a droit à un siège au Conseil fédéral, a rappelé mercredi le président du groupe démocrate-chrétien Filippo Lombardi (TI). Il a procédé sérieusement au choix des candidats qu’il présente.

Les deux candidates sont de haute qualité et sont toutes deux aptes à occuper la fonction de conseillère fédérale, a dit M. Lombardi. Le PDC en appelle donc au respect de la concordance et au respect de son choix: la conseillère nationale valaisanne Viola Amherd et la conseillère d’Etat uranaise Heidi Z’graggen.

08h55: début de la procédure de vote

Les conseillers fédéraux ont quitté la salle du Conseil national, la procédure de vote va pouvoir débuter. Le premier scrutin concerne la succession de Doris Leuthard. L’Assemblée fédérale devra trancher entre la Valaisanne Viola Amherd et l’Uranaise Heidi Z’graggen.

08h50: plaidoyer pour le bien du pays

Honnêteté, fiabilité et courage: ces trois vertus doivent conduire l’action politique pour le bien du pays, a déclaré Johann Schneider-Ammann devant l’Assemblée fédérale. Gouverner selon ces trois qualités signifie ne pas faire de fausses promesses, agir à temps et viser le bien du pays et non des intérêts individuels.

La Suisse est un petit Paradis, a-t-il rappelé dans son discours prononcé en trois langues. Durant ses huit années au Conseil fédéral, le Bernois s’est principalement soucié d’atteindre des résultats concrets: l’emploi pour le plus de monde possible, une économie concurrentielle, la formation et la recherche et la cohésion sociale.

Les défis pour l’avenir ne manquent pas. « Nous devons encore gagner en flexibilité et libéralisme, oser au lieu de réguler », a-t-il déclaré. « La Suisse doit miser sur ses liens avec le monde plutôt que le repli ». Car la souveraineté ne signifie pas regarder en arrière. La souveraineté, c’est agir au service des intérêts à long terme du pays.

08h40: un patron ouvert au dialogue

Johann Schneider-Ammann était apprécié pour son ouverture au dialogue et au compromis. Dans son discours d’hommage, la présidente de l’Assemblée fédérale Marina Carobbio a rappelé le rôle de patron du ministre de l’économie.

C’est d’ailleurs en tant qu’entrepreneur que le libéral-radical avait été élu au Conseil national puis au Conseil fédéral. Au gouvernement, le Bernois s’est aussi intéressé à la formation et la recherche, il s’est engagé pour le système dual de formation professionnelle. Il en a été un des plus importants promoteurs à l’étranger. Le ministre de l’économie s’est aussi distingué en finalisant treize accords de libre-échange.

08h30: plaidoyer pour plus de coopération

Dans son discours d’adieu à l’Assemblée fédérale, Doris Leuthard a mis en garde contre un affaiblissement du multilatéralisme et plaidé pour plus de coopération entre les Etats. « Les problèmes globaux ne peuvent se résoudre au niveau national », a-t-elle souligné.

« Malgré sa petite taille, la Suisse joue un rôle important, car nous sommes crédibles et fiables, et nous agissons de manière indépendante », a-t-elle dit. Des qualités qui seront nécessaires pour trouver une solution indispensable, à ses yeux, avec l’Union européenne (UE).

« Plus nous mettrons de temps à trouver une solution, plus le prix à payer sera élevé. Les accords bilatéraux perdront de leur pertinence. Suspendre les relations avec l’UE est une régression », a-t-elle insisté. La ministre sortante a encore salué le système démocratique suisse, qui « constitue une des forces de notre pays », et appelé à poursuivre à l’avenir la concordance, le consensus et le compromis.

08h20: hommage à Doris Leuthard

Après lecture de la lettre de démission de Doris Leuthard, la présidente de l’Assemblée fédérale Marina Carobbio a rendu hommage à la conseillère fédérale démissionnaire. Doris Leuthard a toujours été populaire. Elue au premier tour au Conseil fédéral, elle est entrée dans l’histoire en convainquant le gouvernement de tourner le dos à l’atome.

C’était non seulement une grande dame politique, mais surtout « une grande dame », a salué Marina Carobbio. Doris Leuthard a engrangé de nombreux succès au Département de l’économie, a rappelé la socialiste dans son discours d’hommage. Mais elle restera dans les mémoires comme patronne du Département de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication, a estimé la socialiste.

Le peuple lui a toujours fait confiance, elle a gagné 16 votations populaires sur 18. La ministre pouvait répondre spontanément aux questions et a démontré au quotidien sa mémoire phénoménale et sa capacité à vulgariser des choses complexes. Dotée d’un instinct politique sûr, c’était aussi une femme de coeur, une raison de sa popularité, a estimé Mme Carobbio.

07h50: pas de recommandation de vote du PS

Le parti socialiste a décidé de laisser la liberté de vote pour le ticket PDC à l’élection au Conseil fédéral. Le chef de groupe Roger Nordmann l’a annoncé à l’issue de leur réunion tôt mercredi matin. Pour le PLR, il avait déjà annoncé soutenir la candidature de Karin Keller-Sutter.

Roger Nordmann n’a pas commenté la décision du groupe. La veille, il avait relevé que Viola Amherd et Heidi Z’graggen étaient toutes deux d’excellentes candidates, au profil politique très proche. Alors que le choix de Karin Keller-Sutter s’est imposé à la quasi-unanimité, celui pour le PDC est plus délicat.

04h30: le suspense va prendre fin

La Suisse connaîtra ce mercredi les noms des personnes qui vont succéder à Doris Leuthard et Johann Schneider-Ammann au Conseil fédéral. Karin Keller-Sutter semble bien partie pour reprendre le siège libéral-radical. Le match est plus ouvert au PDC.

Ce sera toutefois le nom de la prochaine conseillère fédérale démocrate-chrétienne qui sera dévoilé en premier. Après les hommages de rigueur aux ministres démissionnaires et les dernières déclarations des groupes, l’Assemblée fédérale élira la personne qui reprendra le flambeau de Doris Leuthard.

Il faudra peut-être plus d’un tour pour départager la conseillère nationale valaisanne Viola Amherd de la conseillère d’Etat uranaise Heidi Z’graggen. L’expérience parlementaire de la première est mise en avant par la plupart des partis. Mais Heidi Z’graggen pourrait séduire à droite et sa carte environnementale lui servir pour grappiller des soutiens à gauche. Chaque voix comptera.

Et les dernières manoeuvres de la nuit dans la Berne fédérale pèseront de tout leur poids. Jusqu’à mardi soir, le PLR, le PS et les Verts n’ont pas dit officiellement vers qui ira leur préférence. Les socialistes pourraient affiner leur stratégie mercredi matin. La majorité de l’UDC soutiendrait l’Uranaise alors que le PVL et le PBD appellent à voter pour la Valaisanne.

Les parlementaires trancheront dans un deuxième temps la succession de Johann Schneider-Ammann. Avec le soutien de l’UDC, du PS, des Verts, du PBD et du PVL, la conseillère aux Etats saint-galloise Karin Keller-Sutter part favorite. Seul le PDC ne l’a pas choisie officiellement au détriment de l’autre candidat officiel, le conseiller aux Etats nidwaldien Hans Wicki.

Karin Keller-Sutter avait échoué il y a huit ans face à Johann Schneider-Ammann. Le parti n’a pas eu de conseillère fédérale depuis Elisabeth Kopp.

(KEYSTONE-ATS)