Le Burundi exige à l'ONU la fermeture du bureau de son Haut Commissariat aux droits de l'homme

Le gouvernement burundais ne veut plus de la présence du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme à Bujumbura, il a exigé, mercredi, la fermeture immédiate de son bureau.

Selon des sources concordantes, le coordinateur résident de l’ONU au Burundi, Garry Conille aurait reçu à cet effet, de la part des autorités de Bujumbura, une correspondance à transmette à Genève à la Haute Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet.

Le Burundi estime qu’il n’a plus besoin de ce bureau, qui a été mis en place au moment de la guerre dans le pays en 1995, dans la mesure où la paix serait revenue et la situation des droits de l’homme se serait beaucoup améliorée.

L’ambassadeur burundais auprès du Haut Commissariat à Genève, Tabu Rénovat, a officiellement confirmé la demande de fermeture du bureau qui, d’après lui, devrait intervenir dans le plus court délai. Mais il a précisé que leur requête «ne signifie pas que le gouvernement veut mettre fin à sa coopération avec le Haut Commissariat».

Rappelons que les relations ne sont pas au beau fixe entre le Burundi et l’office du Haut Commissaire à Bujumbura, depuis que les autorités burundaises avaient soupçonné une complicité de la part de ce bureau dans la rédaction d’un rapport onusien accusant le régime au pouvoir de « violations graves » des droits humains.

Depuis 2016, le gouvernement avait suspendu toute collaboration avec l’office et résilié l’accord régissant ses activités. Entretemps, le bureau travaillait au ralenti, avec un personnel réduit.

Une source onusienne a regretté que le gouvernement burundais veuille «écarter peu à peu tous les témoins gênants ». Pour elle, cela ne « rend guère optimistes pour l’avenir».