La discographie de Damien Saez est plus intéressante que vous ne le croyez

La discographie de Damien Saez est plus intéressante que vous ne le croyez

Ça peut paraître étonnant, mais la discographie du chanteur est plus subtile qu’elle en a l’air.

Damien Saez a survécu ces dernières années à beaucoup d’albums inégaux, pesants et difficiles à l’écoute: Miami, L’oiseau liberté ou encore Lulu. Aucun de ses disques n’a vraiment convaincu la critique spécialisée, probablement à cause d’une vision éculée de la chanson révoltée ou de morceaux qui appuient systématiquement sur des ressorts mélancoliques ultra classiques.

Son dernier album (Humanité), en dépit de trois premiers morceaux finement pensés et savamment complexes, ne déroge pas a la règle avec ses singles faiblards et aux textes parfois affligeants («P’tites putes» et «Burka»), son ton cafardeux trop appuyé et un recours à des schémas mélodiques parfois trop répétitifs -en gros, une intro en acoustique, une tension qui s’accentue et des riffs de guitare qui finissent inévitablement par alourdir le propos («J’envoie» et «Ma religieuse» en sont une énième déclinaison).

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Pulsion et répulsion

Aux sceptiques qui suggèrent la possible exploitation d’un filon, Romain Lejeune, auteur de deux ouvrages sur le chanteur français (Saez, à corps et à cris et Insaezissable aux éditions Braquage) sait répondre: «Pour avoir eu l’occasion de le rencontrer à plusieurs reprises, je ne pense pas que ce soit calculé. C’est juste un style qui lui correspond et dans lequel il s’épanouit», avance le journaliste, avant d’annoncer, comme une évidence: «Il faut préciser que Saez est quelqu’un de très talentueux d’un point de vue musical. Son triple album Varsovie-L’Alhambra-Paris le rappelle bien: dans les arrangements, très minimalistes sur ce disque, on touche à quelque chose de très fin. Quelque chose que les médias oublient bien souvent de rappeler».

Vrai: à l’instar du sort réservé, dans un tout autre style, à U2, Coldplay ou même Renaud fut un temps, les (…) Lire la suite sur Slate.fr