Huawei tente d'apaiser les tensions en Europe

Huawei a pris la mesure de la levée de boucliers internationale à son encontre. Tout en dénonçant des attaques politiques, le géant chinois des télécoms veut rassurer. Et il est prêt à y mettre les moyens.

Selon l’agence Bloomberg, Huawei prévoit de dépenser au moins 2 milliards de dollars. Le groupe compte revoir la façon dont il conçoit ses logiciels. Il veut rendre leur audit par les entreprises et les gouvernements bien plus facile. Et il poursuivra ses efforts tant que les craintes n’auront pas disparu.

Rassurer les espions britanniques

Les autorités britanniques devraient avoir la primeur de ce plan dans les prochains jours. Le Royaume-Uni doit en effet décider rapidement s’il autorise ou non le groupe à participer aux futurs déploiements des réseaux 5G. Plusieurs voix critiques s’y sont déjà élevées. Et l’opérateur BT a annoncé qu’il avait exclu Huawei de ses appels d’offres pour les « coeurs de réseaux », où sont traitées les informations sensibles des clients.

Les services secrets de Sa Majesté ont mis en garde dès juillet contre certaines insuffisances des équipements Huawei en matière de sécurité. Ils pointaient alors de vieux morceaux de code informatique open source qui subsistaient dans les réseaux et les rendaient vulnérables à des attaques. Et en début de semaine, le patron du MI6 s’est exprimé publiquement pour mettre en garde sur le contrôle chinois de ces technologies.

Dominos européens

Et le Royaume-Uni n’est que le premier des dominos européens. En Allemagne, en Belgique et même en France, la pression s’intensifie sur Huawei. Vendredi, le Commissaire européen à l’économie numérique, Andrud Ansip, a déclaré que l’Union européenne devait « s’inquiéter » des risques que font courir les équipementiers chinois. Huawei s’est officiellement dit « surpris et déçu » par cette sortie.

Mais cela ne suffit pas. L’Europe est le deuxième marché du groupe après l’Asie. Huawei doit impérativement calmer l’incendie. Le temps presse et les foyers se multiplient.

La n°2 de Huawei a été arrêtée au Canada samedi dernier à la demande des Etats-Unis, qui soupçonnent le groupe d’avoir violé l’embargo américain sur l’Iran. Après les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le Japon va probablement sauter le pas et exclure les équipementiers chinois de ses réseaux 5G. Il est plus que temps de sortir les extincteurs, même à plusieurs milliards de dollars.