Gilets jaunes. Premier bilan d'un nouveau samedi d'actions en Bretagne

(Photo archives François Destoc)

Si les gilets jaunes ont montré une nouvelle fois leur détermination, cette journée de samedi s’est heureusement déroulée en Bretagne sans grande tension. Certes, un policier a été blessé à Langueux (22) et la résidence secondaire de François de Rugy a fait l’objet de tags à Ouessant. Le bilan reste cependant moins lourd que dans d’autres régions.

Est-ce dû à une certaine culture bretonne des mouvements revendicatifs ? Ou, plus sûrement, à la volonté des gilets jaunes bretons d’éviter les incidents pour inscrire plus durablement encore leur mouvement dans le paysage ? En tout cas, ce quatrième week-end d’action et de manifestation, tant redouté à Paris et au plan national, se traduit dans la région, heureusement, par un faible nombre d’incidents.

Le principal point noir de la journée se situe à Langueux, à l’entrée de la plus importante zone commerciale des Côtes-d’Armor. La tension est montée d’un cran en début d’après-midi avec une bousculade entre un manifestant et un policier qui a été blessé au visage. Dans l’après-midi, la brigade anticriminalité a procédé à l’interpellation d’un homme dans les rangs des gilets jaunes.


La « honte » du maire d’Ouessant


Ces gilets jaunes avaient choisi de multiplier les allers-retours à pas très lents sur les passages piétons de la zone de Langueux pour ralentir la circulation automobile. Vers 18 h 30, alors qu’on revenait à un face-à-face plus classique, la tension est à nouveau montée, les gendarmes faisant usage de gaz lacrymogènes pour repousser quelque 200 manifestants déterminés à en découdre.

L’autre fait marquant a eu lieu sur l’île d’Ouessant où la résidence secondaire de François de Rugy, le ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, a été vandalisée par des tags « gilets jaunes ». Un acte isolé qui a consterné la population à l’image de Denis Palluel, le maire d’Ouessant, qui n’hésitait pas à faire part de « sa honte ».


Un don au Téléthon à Pontivy


Mais à Brest et à Quimper, villes qui ont chacune compté plus de 2 000 manifestants, aucun incident sérieux n’est à déplorer. À Rennes, de nombreux gilets jaunes ont pris part au défilé des marcheurs pour le climat sans provoquer de tensions au sein du cortège. À Vannes et Lorient, les actions des gilets jaunes ont également été empreintes de pacifisme. Plusieurs actions de type barrage filtrant ou opération escargot ont eu lieu sans violences, notamment sur les RN 12 et RN 165. Certes, à Arzal (56), la voie express a été bloquée par des obstacles sur la chaussée une bonne partie de la journée. Mais sans qu’il n’y ait de heurts avec les forces de l’ordre. À Caudan (56) ou Morlaix (29), le trafic automobile a aussi été perturbé dans l’après-midi toujours sans incidents notables.

À Saint-Malo (35), les gilets jaunes ont laissé passer les voitures des passagers et les transports de denrées périssables pour ne bloquer que le fret au terminal ferry du Naye. Enfin, geste notable, à Pontivy, ils ont effectué un don de 400 € au profit du Téléthon grâce à une collecte effectuée auprès des automobilistes. Les gilets jaunes se savent soutenus par une bonne partie de la population en Bretagne. Et ils tiennent à le rester.