Gilets jaunes : l'inquiétude monte chez les pharmaciens et les médecins



Paris, le vendredi 7 décembre – Samedi dernier, à l’occasion
de « l’acte III » de la mobilisation des gilets jaunes, dans les
avenues adjacentes à l’Arc de Triomphe à Paris et sur l’île de la
Réunion, près d’une dizaine d’officines ont subi des actes de
vandalisme, que Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de
l’Ordre des pharmaciens a qualifié « d’inadmissibles
».

Ordre et forces de l’ordre

Aussi, à la veille de « l’acte IV », les Conseils régionaux de
l’Ordre des pharmaciens font appel aux autorités pour renforcer la
sécurité des officines. Les présidents des Conseils régionaux de
l’Ordre des pharmaciens (CROP) ont ainsi adressé un courrier de
sensibilisation à toutes les Directions départementales de la
sécurité publique (DDSP) pour les alerter sur les risques encourus
par les pharmacies et leur demander une surveillance et une
protection accrues.

Ils alertent également les directeurs généraux des ARS pour
évoquer les problèmes d’approvisionnement et d’accès aux
médicaments qui pourraient bientôt s’installer.

L’Ordre des pharmaciens a quant à lui promis aux titulaires
d’officines attaquées qu’ils pourront faire appel à la Commission
entraide et solidarité de l’Ordre et obtenir, après acceptation de
leur dossier, un prêt à taux zéro pour « couvrir les premiers
frais en vue d’une reprise d’activité
».

En outre, l’institution rappelle les démarches à suivre en cas
de vandalisme. « Il convient ainsi de faire constater les
blessures et les dégâts, de sécuriser les stocks en prévenant
l’assurance qui pourra détacher un vigile et faire intervenir des
entreprises pour assurer la fermeture des lieux et de s’assurer
qu’aucun accès aux médicaments et aux données patients n’est
possible. En tout état de cause, il convient de faire une
déclaration d’agression sur l’espace « pharmacien » du site de
l’Ordre national des pharmaciens
».

Ces inquiétudes gagnent également le corps médical. La CSMF
(Confédération des syndicats médicaux français) dit en effet avoir
constaté « ces jours derniers (…) des entraves à l’accès aux
soins dans certains territoires
». Aussi, le syndicat du Dr
Jean-Paul Ortiz appelle « l’ensemble des manifestants et le
gouvernement à garantir la sécurité de l’exercice des médecins,
tant dans leur cabinet que pour leurs déplacements

».

Ces appels à  la modération seront-ils entendus ? Réponse
: demain.

F.H.