«Gilets jaunes» en Gironde: Le mouvement tente de se structurer

Après les rassemblements par petits groupes sur les ronds-points ou les bretelles d’autoroutes, des « gilets jaunes » de Gironde, un département en pointe dans les blocages, tentent aujourd’hui de s’organiser pour durer et évincer les éléments les plus violents.

Méfiants vis-à-vis des médias, les « Gilets Jaunes » de la région de Bordeaux rassemblés au sein du « Yellow Friday Révolution », un groupe Facebook, laissent la parole à « Laure », 43 ans, qui ne veut pas donner son nom de famille.

« Nous sommes sept groupes qui venons de nous réunir : les Yellow Friday, le groupe du Nord Gironde, celui de l’Entre Deux Mers, le Bassin d’Arcachon, le groupe de l’A63, celui de Langon et celui du Médoc », énumère-t-elle.

« Un esprit pacifiste »

A eux tous, ils revendiquent « 20 à 25.000 personnes », un chiffre un peu flou et ambitieux qui se base sur les adhérents aux groupes Facebook, qu’on est loin de tous retrouver sur les points de blocage ou dans les manifestations. Yellow Friday compterait plus de 6.000 personnes, assure-t-elle. Qu’est-ce qui les rassemble ? « La première raison de notre regroupement, c’est notre esprit pacifiste, nous sommes perturbateurs mais pas casseurs », insiste Laure.

Le groupe de Nord Gironde compte pourtant ceux qui occupaient le péage de Virsac sur l’A10, où d’énormes dégradations ont eu lieu, et des heurts violents avec les forces de l’ordre. « La casse à Virsac, c’était pas les gilets jaunes », réplique-t-elle, parlant d’éléments « discutables » et de « CRS qui n’ont pas bougé ». « Et puis il faut dire que la population de Nord Gironde est très défavorisée et la colère dégénère vite ».

Un programme commun? 

Les sept sont « en phase » autour d’un programme commun, assure Laure. Le prix du carburant ? la réévaluation du Smic ? « On n’en est plus là. Edouard Philippe et le président, ils doivent partir. Il faut aussi dissoudre l’Assemblée nationale et puis il faut un référendum d’initiative populaire ». Laure croit ce scénario possible. « A un moment donné, les syndicats de police vont appeler à la grève. Les policiers aussi ont du mal à boucler leurs fins de mois ».

L’unité départementale est loin d’être réalisée. D’autres groupes tentent aussi de se structurer, dont une « coordination » de la Gironde. « Ceux-là, ils ne sont pas avec nous. On les a black-listés. Ils n’ont pas l’état d’esprit des gilets jaunes. Ils se sont autoproclamés porte-parole », tranche Laure.

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