Eglise de la Madeleine : Bruno Horaist, gardien du culte de Johnny

Un an jour pour jour après avoir célébré aux côtés de Mgr Benoist de Sinety, vicaire général du diocèse de Paris, les funérailles de Johnny Hallyday, Bruno Horaist, curé de la Madeleine (VIIIe), organise ce dimanche matin à11 heures, une messe à la mémoire du chanteur. « Nous serons cinq ou six prêtres et le père Guy Gilbert est annoncé », confie Bruno Horaist qui a embauché une dizaine d’agents de sécurité pour l’événement. 1 100 billets gratuits (soit le nombre de places assises dans l’église) ont été distribués ou envoyés par courrier aux fans. Ceux qui n’auront pu entrer suivront depuis le parvis et sur leur téléphone portable, la célébration retransmise sur la chaîne KTO.

En ce deuxième dimanche de l’Avent, la messe à la Madeleine aura une tonalité pop-rock pleinement assumée. Certes, il a fallu réécrire les paroles du tube « Que je t’aime » qui sera chanté à la fin de l’office mais qu’importe quand la musique est bonne! Après l’office, à 12 h 15, trois ténors de l’Opéra de Paris interprèteront à cappella quatre chansons de Johnny, dont « Vivre pour le meilleur » et « Toute la musique que j’aime ». L’acteur Chris Evans entonnera aussi deux ou trois titres.

Si elle revêt une importance particulière en ce premier anniversaire de sa disparition, la célébration de ce dimanche s’inscrit dans un rituel bien rôdé: le 9 de chaque mois, le curé de la Madeleine dit une messe en hommage à Johnny Hallyday, en présence de nombreux fans venus de toutes les régions de France. «La grande majorité sont des hommes et des femmes de la génération du chanteur qui se sentent orphelins. Ils sont gentils comme tout, reconnaissants et respectueux », observe le prêtre.

Rien ne prédisposait le père Bruno Horaist, né à Neuilly (Hauts de Seine) il y a 63 ans, à devenir une sorte de gardien du culte de Johnny! Pourtant, c’est lui qui a institué la messe mensuelle du 9. Comme il avait remarqué que les visiteurs dans les jours ayant suivi les obsèques déposaient des petits papiers sous les lumignons, c’est lui aussi qui a eu l’idée du livre d’or. Ouvert au fond de l’église sur une table fleurie, ornée d’un portrait sous verre du rocker, le 37ème livre d’or est déjà quasiment rempli!

A ceux qui s’étonneraient de voir l’église de la Madeleine perpétuer la mémoire d’un artiste dont la vie fut plutôt rock’n’roll, Bruno Horaist qui a écouté l’album posthume (et notamment «J’en parlerai au diable »), répond d’abord très prosaïquement: « A ces personnes de milieu modeste, l’île de Saint Barth où repose le chanteur, est inaccessible. Donc elles se raccrochent à la Madeleine». Avant de conclure, un peu à la façon du pape François : « Qui suis-je pour juger mon frère qui dans nombre de ses chansons, évoque de près ou de loin, la question de Dieu et du pardon? »