Bourse: ce qui bouge sur les marchés jeudi

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La Bourse de New York pointe vers une ouverture dans le rouge, lestée par les inquiétudes au sujet des relations commerciales sino-américaine après l’arrestation d’une haute responsable du géant chinois Huawei.

Du côté des contrats à terme, le Dow Jones Industrial Average, l’indice vedette du parquet new-yorkais, est en baisse de 1,68 % à 24 628 points selon les contrats à terme. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, recule de 2,12 % %, à 6659,75 points. Le S&P500, quant à lui, perd 1,66% à 2656,75 points.

Contexte

Ce nouveau repli «est lié principalement à l’arrestation de la directrice financière du groupe chinois Huawei, qui compromet les espoirs d’apaisement de tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis», a expliqué auprès de l’AFP Daniel Larrouturou, directeur général délégué à Diamant bleu Gestion.

«Les investisseurs broient à nouveau du noir et anticipent un scénario très négatif de ralentissement de la croissance mondiale», a-t-il ajouté.

La directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, a été arrêtée au Canada à la demande des Etats-Unis, ce qui a provoqué la colère de la Chine.

Selon des informations de presse, Washington soupçonnerait Mme Meng, la directrice financière de l’entreprise, de violation des sanctions américaines contre l’Iran.

Cette arrestation intervient quelques jours après l’annonce d’une trêve dans la guerre commerciale sino-américaine, qui pèse déjà sur la croissance mondiale.

Acté à l’issue d’une rencontre entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping, ce cessez-le-feu d’une durée de 90 jours doit permettre aux deux premières puissances mondiales de renégocier leurs relations commerciales.

Les investisseurs s’interrogeaient déjà sur les chances de parvenir à un accord, en l’absence d’annonce concrètes.

À l’étranger

Les Bourses chinoises ont dévissé jeudi, les valeurs technologiques ayant chuté après l’arrestation au Canada, à la demande de Washington, d’une haute responsable du géant chinois des télécoms Huawei.

Meng Wanzhou – fille du fondateur de Huawei et directrice financière du groupe – a été arrêtée le 1er décembre à Vancouver, les États-Unis réclament son extradition et une audition pour sa remise en liberté conditionnelle doit avoir lieu vendredi, selon le ministère de la Justice canadien.

Des informations de presse affirment que Washington soupçonnerait la directrice financière du leader mondial des smartphones de violation des sanctions américaines contre l’Iran.

L’annonce de cette arrestation intervient alors qu’une trêve vient à peine d’être entérinée dans la guerre commerciale sino-américaine, à l’issue d’une rencontre entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping, en marge du G20 en Argentine.

«C’est une nouvelle très significative car le gouvernement américain est en train de tenter de persuader ses alliés d’arrêter d’utiliser des équipements en raison de craintes sur leur sécurité», pointe Stephen Innes, chef de la division Asie-Pacifique chez Oanda.

En début d’année, le gouvernement fédéral américain avait demandé officiellement à ses opérateurs télécoms de ne pas s’équiper chinois et d’autres pays notamment européens ont récemment ouvert le débat.

«C’est une illustration du fait que la trêve commerciale n’aide pas vraiment à réparer la relation entre les Etats-Unis et la Chine, qui continue de se détériorer», estime Eleanor Creagh, analyste stratégique pour Saxo Capital Markets, interrogée par Bloomberg TV.

Logiquement, les valeurs technologiques sont celles qui ont le plus souffert.

À Hong Kong, ZTE, qui est également dans le collimateur des autorités américaines, a perdu près de 6% tandis que le géant Tencent ou encore Sunny Optical, un fournisseur de Huawei, ont lâché 5%.

À Shanghai, Wingtech Technology a atteint la limite quotidienne de baisse (-10%) et Raisecom Technology a perdu 4%.

À l’agenda

Du côté des indicateurs, l’agenda est essentiellement américain, avec notamment les commandes industrielles pour octobre, les créations d’emplois dans le secteur privé (Enquête ADP) pour novembre et l’estimation finale de la productivité pour le troisième trimestre.

Les investisseurs prendront également connaissance des demandes hebdomadaires d’allocations chômage ainsi que d’un rapport sur les stocks de pétrole aux États-Unis.