Besancenot : "On ne veut plus de miette, si on ne nous donne pas la baguette, on prendra la boulangerie"

“Ca déborde le cadre des “gilets jaunes”, on a les lycéens, on a les étudiants qui se mobilisent, demain dans la rue il y aura des cheminots, il y aura des salariés du privé, c’est-à-dire que là, on a une fronde sociale généralisée contre la vie chère (…)  qui est en train de voir le jour”, a avancé sur BFM TV Olivier Besancenot, pour qui “la question, c’est d’unifier ce mouvement”.

Il sera lui-même dans la rue samedi et refuse de se plier “aux injonctions d’Emmanuel Macron” qui a demandé mercredi aux responsables politiques d’appeler au calme pour “éteindre un incendie qu’il a lui-même créé”, et qui, “bunkérisé à l’Elysée”, se cache derrière les forces de l’ordre et son Premier ministre.

“J’appelle à ce qu’on soit un maximum de personnes dans les rues de tout le pays demain (samedi) (…) C’est le nombre qui nous protégera justement du degré de tension que suscite actuellement le gouvernement”, a ajouté l’ancien candidat à la présidentielle pour qui “la dernière carte du gouvernement, c’est de nous faire peur”.

On ne veut plus des miettes, on veut la baguette. Ils ont bien raison, et si on ne nous donne pas la baguette, hé ben oui, on prendra la boulangerie

Le porte-parole du NPA souhaite “jouer la crise politique” pour obtenir une “victoire sociale” et a dressé un parallèle avec Mai 1968: “Peut-être que l’Histoire retiendra finalement que le mouvement des “gilets jaunes” a été l’équivalent du mouvement étudiant en Mai 68 parce que le gouvernement a commencé à céder”.

“On a mis un pied dans la porte, alors maintenant la porte, on va l’ouvrir en grand”, a-t-il ajouté, réclamant le retour à “l’indexation des revenus sur les prix” et une hausse du Smic de 300 euros nets par mois. Selon lui, “plus que l’argent”, “le camp social qu’a choyé M. Macron depuis le début” craint “de perdre le pouvoir”.

“Dans l’histoire de notre pays”, les grandes conquêtes sociales de 1936, de 1968, “ça arrive parce que ce camp social s’est dit : “on a plus à perdre qu’à gagner”, a-t-il analysé.

Aujourd’hui, les “gilets jaunes” nous disent : on ne veut plus des miettes, on veut la baguette. Ils ont bien raison, et si on ne nous donne pas la baguette, hé ben oui, on prendra la boulangerie”, a lancé M. Besancenot.