A Paris, écologistes et Gilets jaunes ont marché pour le climat : «La même urgence»

À deux pas d’une femme qui s’est confectionné des ailes de libellule et d’un monsieur déguisé en abeille, Fernando a lui endossé son gilet jaune avec ce message inscrit dans le dos : « La transition écologique, c’est 30 milliards. Il y a 70 milliards à récupérer dans l’évasion fiscale. » Comme beaucoup de ceux qui occupent les ronds-points, ce fonctionnaire tenait à être présent aux côtés des militants écologistes qui ont convergé dans une ambiance festive et familiale, ce samedi, de Nation jusqu’à la place de la République à l’occasion de la Marche pour le climat.

« Les deux mouvements ne sont pas antagonistes », estime ce quadragénaire, reprenant à son compte l’un des slogans répétés en boucle dans les mégaphones : « Fin du monde, fin du mois, même combat ». « On veut plus de pouvoir de vivre », peut-on lire sur une des pancartes. « Au fond, notre combat est le même car nous ciblons un système, le capitalisme, qui ne recherche que le profit immédiat au mépris des gens et des ressources de la planète », estime Sophie, une fonctionnaire parisienne proche d’Alternatiba.

D’après ce mouvement citoyen qui se mobilise contre le dérèglement climatique, 25 000 personnes étaient réunies à Paris sous des bannières clamant « aux arbres citoyens » ou « nique pas ta mer ». Elles étaient 17 000, selon la police. En tête de cortège, le président de la Ligue de protection des oiseaux, Allain Bougrain-Dubourg, estime que Gilets jaunes et écologistes sont « dans la même urgence ». « Depuis la première conférence sur le climat en 1992, nous avons toujours mis en avant la nécessité de conjuguer avenir de la planète et prise en compte des plus démunis », explique ce proche de Nicolas Hulot.

« On est tous concernés car si on détruit tout autour de nous, on va mourir », résume du haut de ses 11 ans Dorian, venu avec son père Nicolas qui regrette que l’on ait « voulu opposer Gilets jaunes et militants de la cause écologiste ».

Pas toujours d’accord avec toutes les revendications hétéroclites des premiers, Christelle les rejoint sur un point : « Si on veut sauver la planète, il faut aussi que les gens s’en sortent », estime la jeune femme, qui arbore une pancarte où l’on peut lire : « Taxez le carburant des riches avant celui des pauvres ».

Après avoir un peu hésité à venir avec ses deux jeunes enfants par crainte de débordements, Hélène est finalement restée jusqu’au bout. « C’était important de montrer que l’on peut participer à des manifestations calmes et de délivrer le message que l’injustice climatique touche d’abord les pauvres gens », clame la maman à l’adresse du mouvement des Gilets jaunes. À ses côtés, un homme a résumé sur un panneau ce que beaucoup ici pensent, qu’ils portent un gilet couleur soleil ou une tunique bleue comme l’océan : « La banquise fond et les pauvres boivent le bouillon ».