Gilets jaunes : les entreprises invitées à contribuer, les patrons tordent le nez

Jeudi, Richard Ferrand, le président LREM de l’Assemblée nationale, a mis les pieds dans le plat : “Il faut que les entreprises prennent aussi leur responsabilité. Lorsque j’entends (le président du Medef) Geoffroy Roux de Bézieux vouloir la hausse du SMIC et demander à l’État de la financer seul, je me dis que les irresponsables ne sont pas que politiques”, a-t-il tweeté.

Un appel auquel le président du Medef a rapidement répondu, également sur Twitter : “Cher Richard Ferrand, c’est le ras-le-bol fiscal qui est la cause de cette crise. L’augmentation de 1,8% du SMIC sera prise en charge à 100% par les entreprises. Si on doit aller plus loin, il faut baisser les impôts”.

Pas “un tas d’or dans lequel on peut puiser”

Le député LREM Joël Giraud, rapporteur du budget 2019, a estimé de son côté que “les très grandes entreprises”, dont le gouvernement “ne perçoit pas, au contraire des PME et ETI, le rôle dans la reprise de l’économie, peuvent à mon avis personnel être mises à contribution”. Le gouvernement doit en effet “trouver 4 milliards de recettes (ou d’économies) afin de ne pas dévier de la trajectoire prévue de la dette” en compensant l’annulation des hausses de taxes sur les carburants, relève-t-il.

Le PDG d’Orange, Stéphane Richard, a rétorqué ne pas aimer “l’idée que les grandes entreprises c’est un tas d’or dans lequel on peut puiser finalement à sa guise”, arguant qu’elles “sont sur des marchés très concurrentiels”. Les représentants des patrons, qui refusent tout alourdissement de leurs charges ou de la pression fiscale, se disent en revanche ouverts au versement d’une prime de fin d’année sur une base volontaire, à condition qu’elle soit défiscalisée et exempte de charges sociales.

1 000 euros net de charges

L’idée, mise sur la table mercredi par le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a reçu l’aval du Premier ministre Édouard Philippe, du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire et de son homologue des Comptes publics, Gérald Darmanin. La prime serait plafonnée et ne compterait pas pour la retraite, la rendant neutre pour les caisses de l’État.

Les représentants des organisations patronales ont salué l’initiative. “C’est une mesure que nous portons depuis des années”, a martelé François Asselin, président de la CPME, ajoutant que son organisation souhaite une prime allant “jusqu’à 1 000 euros net de charges”, tout en reconnaissant que “beaucoup d’entreprises n’auront pas la possibilité de la proposer pour le moment”.

Le plafond de 1 000 euros est “une limite symbolique mais le gouvernement dit ne pas vouloir créer d’effets d’aubaine, où le treizième mois serait remplacé par cette prime”, a fait savoir Alain Griset, président de l’U2P (artisans et commerçants). Un versement avant la fin de l’année va être compliqué tant le délai est court.