Donald Trump s'attaque à son ex-secrétaire d'Etat, "bête comme une pierre"

Donald Trump n’est pas du genre à laisser couler les critiques, mais bien à rendre coup pour coup -et qu’importe son statut présidentiel. Vendredi, le président américain a vertement répondu à Rex Tillerson, son ancien secrétaire d’Etat, qui l’avait qualifié de «indiscipliné» n’aimant «pas lire». «Mike Pompeo fait un super boulot, je suis très fier de lui. Son prédécesseur, Rex Tillerson, n’avait pas les capacités mentales nécessaires. Il était bête comme une pierre et je ne pouvais pas m’en débarrasser assez rapidement. Il était sacrément fainéant. Maintenant, c’est un nouveau niveau, un super esprit au secrétariat d’Etat!», a écrit le milliardaire sur Twitter. Quelques heures plus tôt, il avait annoncé la nomination de la porte-parole de ce ministère, Heather Nauert, au poste d’ambassadrice aux Nations unies.

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Il faut dire que Rex Tillerson n’avait que peu retenu ses critiques à l’égard du président, dans une interview enregistrée jeudi soir pour CBS. «Souvent, le président disait ce qu’il voulait faire et comment il voulait le faire, et je devais lui dire : “M. le président, je comprends ce que vous voulez, mais vous ne pouvez pas le faire ainsi. C’est contraire à la loi. Cela viole des traités”», a raconté l’ancien patron d’ExxonMobil, qui assure n’avoir jamais rencontré Donald Trump jusqu’à ce que ce dernier lui propose le poste. «Je lui disais : “Voici ce que je peux faire. Nous pouvons aller devant le Congrès et faire changer la loi. Et si c’est ce que vous voulez faire, il n’y a rien de mal”», a-t-il ajouté, sans préciser quelles activités illégales Donald Trump lui a demandé. «Je ne savais pas comment gérer autrement mes missions autrement qu’en étant très honnête et je pense qu’il en a eu assez que je sois le type qui lui dit tous les jours qu’il ne peut pas le faire», a complété Tillerson.

Quant au caractère tempétueux du président, Rex Tillerson ne peut que confirmer : «Il se guide sur son instinct et cela peut apparaître parfois comme de l’impulsivité. Mais ce n’est pas intentionnel. Je pense qu’il essaie de miser sur son instinct. […] C’était un défi pour moi, qui viens d’une entreprise très disciplinée, d’aller travailler pour un homme assez indiscipliné, qui n’aime pas lire, qui ne lit pas les rapports, qui n’aime pas rentrer dans les détails mais préfère dire : “Ecoutez, voilà ce que je crois et vous pouvez essayer de me convaincre de changer d’avis, mais la plupart du temps, vous n’y arriverez pas.”»

Donald Trump a limogé Rex Tillerson en mars dernier, le remplaçant par Mike Pompeo, qui était alors directeur de la CIA. Cela faisait des mois que les médias américains faisaient état des tensions entre le président et son secrétaire d’Etat. Ce remaniement intervenait au lendemain de l’appui apporté par Rex Tillerson à l’enquête britannique sur l’empoisonnement de l’ancien espion russe Sergueï Skripal sur son sol. Tillerson avait assuré avoir «toute confiance à l’enquête britannique selon laquelle la Russie est probablement responsable de l’attaque». Quelques heures plus tôt, la porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Huckabee Sanders avait pourtant refusé de reconnaître la responsabilité de la Russie : «Nous soutenons notre allié britannique. Je pense qu’ils travaillent encore sur les détails», avait-elle déclaré, après avoir dit que les Etats-Unis «condamnaient fermement» cette attaque sans en nommer les suspects.

A l’été 2017, un discours très décrié de Donald Trump devant l’association américaine des scouts avait provoqué la colère de Rex Tillerson, qui n’avait retiré ses menaces de démission qu’après avoir été raisonné par le vice-président Mike Pence et le secrétaire à la Défense James Mattis. Pire, il n’avait pas nié avoir qualifié Donald Trump d’«abruti» lorsque NBC News avait révélé qu’il avait utilisé ce mot pour désigner le président américain lors d’une réunion au Pentagone, en juillet.

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