Coupe de France. Vannes – Brest : neuf ans après le derby fou

Défenseur du Voc le 6 novembre 2009 à Brest, Laurent Hervé (au centre, numéro 5) est aujourd’hui le coach des Vannetais.
Défenseur du Voc le 6 novembre 2009 à Brest, Laurent Hervé (au centre, numéro 5) est aujourd’hui le coach des Vannetais. (Patrick Tellier)

Il y a un peu plus de neuf ans, le Voc dominait le Stade Brestois sur ses terres en Ligue 2 au terme d’un derby fou (4-3). Ce dimanche, les Morbihannais retrouvent les Finistériens à la Rabine en Coupe de France (13 h 45). Un point commun : Laurent Hervé. L’ancien défenseur Noir et Blanc est aujourd’hui sur le banc.

Laurent Hervé, les dernières confrontations face au Stade Brestois remontent à il y a neuf ans. Le Voc était alors en Ligue 2. Qu’est-ce que vous en gardez ?

Franchement, que des bons souvenirs. On avait atteint la finale de la Coupe de la Ligue lors de la saison précédente, en 2008-2009 (défaite face à Bordeaux 4-0 le 25 avril 2009), on avait eu une bonne dixième place pour notre première saison en Ligue 2. Pour notre deuxième saison, on était les deux seuls clubs bretons, Brest et nous, donc c’était deux matchs importants.

Il y avait un parfum de derby lors de ces deux rencontres ?

Un peu puisque Brest était le club le plus proche géographiquement. Mais ça n’avait rien à voir avec ce que j’ai pu vivre contre Brest en jouant à Guingamp. Ça a été deux rencontres très disputées, avec au final deux équipes qui s’étaient imposées à l’extérieur (victoire de Vannes à Brest 4 à 3 le 6 novembre 2009 ; victoire de Brest à Vannes 2 à 0 le 9 avril 2010). J’ai le souvenir d’une belle ferveur, d’un match un peu fou pour nous à l’aller où on gagne dans les dernières minutes. On était un très jeune club professionnel à ce moment-là.

Hormis le niveau sportif, qu’est-ce qui sépare le Voc de 2009 du Voc de 2018 ?

On a moins de budget, évidemment, mais en terme d’infrastructures, on est mieux loti. Le centre d’entraînement du Pérenno est digne de celui d’un club de Ligue 2, on dispose aujourd’hui de deux terrains synthétiques, de structures de haut niveau pour l’accompagnement des joueurs. On joue dans un stade de près de 9 000 places qui a bien évolué depuis neuf ans.

Jouer le Stade Brestois au huitième tour de la Coupe de France, c’est un bon tirage pour vous ?

Bon ou mauvais tirage, on ne le sait qu’une fois le match terminé. Mais personnellement, je suis fier pour mes joueurs qu’on puisse se mesurer à une équipe pro, bretonne en plus. Il faut en vouloir, essayer de montrer une belle image du Voc. Même si on a vécu un peu dans le monde professionnel, le Vannes OC est un très jeune club, et n’a rien à voir avec Brest qui est un club historique. Une ville terre de football, qui est dans le monde professionnel depuis des décennies. Et puis à titre personnel, en tant que Finistérien d’origine, ça me plaît bien de jouer Brest.

Qu’est-ce qui manque aujourd’hui à Vannes pour retrouver le niveau qui était le sien il y a dix ans ?

Repartir d’en bas, remonter les échelons et reconstruire un club, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Le domaine sportif pour l’équipe première est allé très vite. En quatre ans, on est revenu au niveau où le club était lors de la liquidation judiciaire (CFA). Mais ça ne fait pas tout, il faut continuer de se structurer, de prendre son temps pour bien faire les choses. Le risque serait de vouloir se précipiter. Aujourd’hui, on est dans un championnat très exigeant, avec des clubs qui culminent à près de deux millions d’euros de budget. On est loin de tout ça.

Le Stade Brestois tourne fort cette année en Ligue 2, vous estimez que le Voc a quand même des choses à défendre sur ce match de coupe ?

Heureusement que j’ai le sentiment qu’il y a quelque chose à jouer, sinon ça ne sert à rien d’y aller. Que tu joues le maintien ou la montée, que tu sois en bonne posture en championnat ou pas, se confronter à des professionnels t’apporte forcément quelque chose. Alors même si la chance de se qualifier est infime, il faut tenter. Et on verra bien.

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