Bouillant Verdi


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Ildar Abdrazakov, incarnant Attila.  / Brescia/Amisano – Teatro alla Scala

Attila

Vendredi 7 décembre à 20h50 sur Arte

Comme chaque année à la même date, Arte nous emmène à Milan, nous invite au parterre ou dans les loges de la Scala. Le 7 décembre, jour de la Saint-Ambroise, patron de la ville, le célèbre opéra ouvre très officiellement – et non moins mondainement – sa saison lyrique.

Ce soir, la nouvelle production se place sous le patronage de Verdi. Non l’auteur de La Traviata, d’Otello, ou de Rigoletto mais du moins connu Attila, œuvre d’un musicien trentenaire, créée à la Fenice de Venise en 1846. Après des débuts timides, le succès couronna une partition dont les échos patriotiques n’étaient pas sans évoquer le triomphe de Nabucco deux ans plus tôt à la Scala…

Flamboyante Francesca da Rimini à l’Opéra du Rhin

Des personnages vibrants

Le terrible guerrier Hun est le protagoniste d’une intrigue pleine de fièvre sentimentale et politique qui oppose les forces « barbares » aux armées romaines. À la figure d’Attila, s’oppose le téméraire Ezio et surtout Odabella, femme vengeresse à laquelle Verdi a offert des lignes mélodiques admirables de raffinement et d’émotion, malgré une tessiture redoutable. Dans ce rôle impressionnant, la soprano Saioa Hernandez – qui nous avait éblouis à Strasbourg dans Francesca da Rimini de Riccardo Zandonai – se confrontera à l’Attila imposant de la basse russe Ildar Abdrazakov. Solistes, orchestre et chœur, très sollicité par Verdi, seront placés sous la direction de Riccardo Chailly, orfèvre en matière d’opéra italien dont il exalte les splendides affects avec flamme et subtilité.

Le monde lyrique bruisse déjà de rumeurs selon lesquelles la mise en scène de Davide Livermore flirterait volontiers avec quelques images provocatrices. Réactif, passionné, le public de la Scala ne manquera certainement pas de manifester son approbation ou sa révolte. Et il est probable que des étincelles de cette électricité qui fait pétiller la rituelle soirée inaugurale du théâtre milanais atteindront le téléspectateur, à travers l’écran…

Emmanuelle Giuliani