Acte IV des Gilets jaunes : des «moyens exceptionnels» ajoutés aux 65 000 forces de l'ordre

L’appel de Christophe Castaner aux « Gilets jaunes raisonnables » n’est pas très bien passé auprès des contestataires, dont une partie compte bien « monter » à Paris coûte que coûte samedi. En prévision de probables débordements en marge de la manifestation, le gouvernement prend donc ses dispositions. Intervenant ce jeudi devant les sénateurs – au lendemain d’une séance très mouvementée devant les députés – le Premier ministre Édouard Philippe a confirmé le déploiement de « moyens exceptionnels » en plus de 65 000 policiers et membres des forces de l’ordre initialement prévus pour cet « Acte IV » de la mobilisation.

Une « extrême tension »

L’Elysée redoute une « très grande violence » et les services de renseignement ont fait passer tous les voyants au rouge en alertant sur la mobilisation d’une « ultradroite qui rêve de révolution et d’une ultragauche qui prône l’insurrection », détaille-t-on du côté du ministère de l’Intérieur. Sans parler d’une « radicalisation » indéniable d’une frange des Gilets jaunes qui ni ne condamne les violences ni ne cherche à se structurer pour envoyer des représentants négocier avec l’Etat.

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Dans l’hémicycle du palais du Luxembourg, le chef du gouvernement a donc d’abord assuré sa « lucidité » quant à l’« extrême tension qui traverse notre pays ». Et comme « aucune taxe ne méritait de mettre en danger la paix civile, nous avons décidé de renoncer », a-t-il fait valoir devant les sénateurs. Mais force est de constater que, sur le terrain, ces annonces sont arrivées un peu tard et que les appels à manifester n’ont pas faibli.

« Devoir de responsabilité »

Édouard Philippe dit respecter le droit à cette expression de mécontentement mais, une fois de plus, a enjoint les intéressés à le faire dans le calme et le respect des lois. Quant aux « acteurs publics » déjà ciblés mercredi, le Premier ministre leur a de nouveau rappelé leur « devoir de responsabilité ». Mais d’ajouter cette fois : « Je voudrais saluer tous ceux qui ont lancé ou relayé l’appel au calme : les organisations syndicales, les associations, des élus quelle que soit leur formation politique et quelle que soit leur position vis-à-vis du gouvernement. Ils ont dit que leur responsabilité était d’appeler à ne pas manifester samedi. Cette responsabilité les honore et je voudrais dire combien elle les grandit », a encore insisté Édouard Philippe, après avoir longuement fait la leçon à ceux qui « attisent » le mouvement la veille. Et de conclure sur ce point qu’« en France, c’est la République qui doit toujours avoir le dernier mot ».

Le chef du gouvernement a redit son « dégoût » face aux images de saccage de la semaine passée et a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’interdire les Gilets jaunes de s’exprimer mais « éviter qu’ils soient pris au piège que leur tendent les casseurs ». Et de prévenir : « Nous retrouverons les auteurs ! »

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A.R.