VIDEO. 11-Novembre: Cent ans après, huit descendants de Poilus se découvrent un destin commun

Quatre générations posent autour du monument aux morts d’Assas, un petit village de 1.500 âmes, situé à quelques kilomètres au Nord de Montpellier, au pied du Pic Saint-Loup. Les huit noms alignés par le tailleur de pierre sont ceux des Poilus morts pour la France entre 1914 et 1918. Ce sont aussi les leurs (ou ceux de membres de leurs familles), à ces hommes, femmes et enfants qui vivent toujours dans ce même village. Là même où plus de
cent ans plus tôt, de jeunes hommes âgés de 20 à 30 ans, sont partis défendre leur patrie. Et n’en sont jamais revenus.

« Cette aventure a commencé il y a deux ans avec une exposition de cartes postales anciennes. Je savais que mon arrière-grand-oncle était mort pour la France, détaille Nicolas Dusfour, arrière-petit neveu de Jean sauvaire. J’ai eu envie de poser des visages sur les sept autres noms. Je suis allé voir mon grand-oncle qui est le doyen du village et en l’espace de quinze minutes on a retrouvé tous les descendants. »

« Ce qui nous paraissait très loin ne l’est plus du tout »

Le destin est exceptionnel pour ces Assadins qui ont pu lever des zones d’ombre de leur passé. « On avait un tas de photos à la maison sur lesquelles on ne pouvait pas mettre de nom. On s’est aperçu que chacun d’entre nous possédait les mêmes », évoque le mari de Maryse Lamoureux, petite nièce du Poilu Jules Simon. Les recherches de Nicolas Dusfour leur ont permis de retrouver la tombe de leur aïeul, dans la Somme. « Personne ne s’y est sans doute jamais recueilli. Toute la famille de mon épouse va pouvoir s’y rendre et enfin accomplir son deuil ».

L’histoire de ces vies fauchées n’est pas toujours si complète. « Mais ce qui nous paraissait très loin ne l’est plus du tout », souligne Line Boissiet, petite fille du cousin de Gabriel Oziol. Tellement proche que le passé éclaire d’un jour nouveau leur quotidien. « J’ai découvert que mes voisins sont aussi mes cousins. On se disait juste bonjour dans la rue. Finalement, on s’aperçoit qu’on a énormément d’histoires en commun », évoque Florie Lombard, l’arrière-petite-nièce de Louis.

« C’est important de leur transmettre l’horreur de la guerre »

« Quand on voit loin dans le passé, on voit loin dans l’avenir, lui répond en écho Nicolas Dusfour. La commémoration des cent ans de l’armistice était l’occasion de se retrouver et transmettre cet héritage aux générations futures afin que ça ne se renouvelle pas. C’est important de leur transmettre l’horreur de la guerre, les visages de ces enfants âgés morts pour la France. » Mais dont le souvenir n’a jamais été aussi vivant.

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