Sadourny (ASM) : "Lopez est le patron du jeu à Clermont"

Comment jugez-vous l’évolution de Camille Lopez (29 ans) ?

« Énorme ! Entre sa première saison, ici à Clermont (2014), et aujourd’hui, il maîtrise toutes les facettes du jeu. C’est l’un des meilleurs ouvreurs en Europe et probablement le meilleur Français ».

Incontournable en équipe de France alors ?

« Tout dépend de ce que l’on recherche. Camille, je le trouve excellent et au-dessus des autres dans l’animation, la vitesse d’exécution et l’alternance. Après, si l’on veut un numéro 10 qui attaque la ligne, fait jouer après lui, il ne faut pas le prendre. A Clermont, par rapport aux défenses et au projet de jeu, c’est le profil idéal. Il n’a pas, par exemple, les mêmes caractéristiques qu’un Beauden Barrett, qui attaque très fort la ligne. Barrett, c’est grand, ça va vite…mais dans l’animation, ce n’est pas Lopez ».

Comment expliquez-vous la difficulté récurrente à installer un ouvreur en équipe de France ?

« Le problème c’est de savoir quel 10 pour quel jeu ? Et puis, l’énorme difficulté pour un sélectionneur est liée à la longueur des saisons en France. Entre le premier match, à la mi-août et le dernier en juin, il faudrait qu’un 10 soit bon pendant 11 mois. C’est impossible. Le meilleur en août ne sera pas le meilleur en novembre, ni le meilleur pendant le Tournoi. Si les saisons étaient moins longues, les joueurs seraient moins sujets aux blessures et aux périodes de méforme ».

Vous parliez de caractéristiques différentes, comment évaluez-vous la concurrence pour l’équipe de France ?

« Belleau est celui qui ressemble le plus à Lopez, en plus jeune. Trinh-Duc a plus de qualités athlétiques, il joue beaucoup dans la défense. Là où Camille a pris une nouvelle dimension, c’est sur l’alternance : jeu au pied de pression, d’occupation… Au tout début, c’était plus difficile pour lui. Et il a encore progressé dans la vitesse d’exécution avec une passe exceptionnelle des deux côtés ».

Camille Lopez a donc tout pour lui ?

« Et je n’oublie pas une dernière et nouvelle facette. Depuis son retour de blessure, il a gagné en leadership. A l’ASM, c’est devenu le patron ».

L’absence de Morgan Parra en Bleu (blessé) peut-il nuire à sa prestation ?

« Je ne sais pas comment ils s’organisent en équipe de France, c’est difficile de répondre. Pour moi, le garant du jeu doit être l’ouvreur. Ce n’est pas vrai partout. C’est ce qui explique aussi les difficultés pour être ouvreur dans le XV de France. On est dans un pays où le numéro 9 a souvent été le patron. Chez les Blacks, le vrai boss, celui qui donne les directives, c’est Beauden Barrett, ce n’est pas Aaron Smith, même si c’est un grand joueur ».

Propos recueillis par Christophe Buron

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