Michelle Obama «ne pardonnera jamais» à Trump d'avoir «mis en danger sa famille»

Avant elle, Nancy Reagan, Barbara Bush, Laura Bush, Hillary Clinton s’étaient déjà pliées à l’exercice. Michelle Obama revient sur son parcours et ses années à la Maison-Blanche dans ses mémoires à paraître mardi et dont des extraits ont été publiés par ABC et le Washington Post. Dans son livre « Becoming » (« Devenir »), Michelle Obama se livre sur sa vie de couple et de famille. Et elle ne ménage pas ses coups à l’endroit du président américain actuel, Donald Trump.

La native de Chicago se dit surprise que tant de femmes américaines ont voté pour le « misogyne » Trump plutôt qu’Hillary Clinton il y a deux ans. Elle ne cache pas le choc ressenti lorsqu’elle a entendu l’enregistrement de Donald Trump dans lequel il se vantait de pouvoir « attraper les femmes par la chatte ». Elle évoque alors son « corps (qui) tremblait de colère ».

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L’extrait le plus marquant dans ces attaques en règle contre le locataire de la Maison Blanche concerne la polémique sur le lieu de naissance de son mari, qu’elle ne lui « pardonnera jamais ». Trump est l’un de ceux à avoir suggéré à de nombreuses reprises que l’ancien sénateur de Chicago était né au Kenya et non aux Etats-Unis, ce qui lui aurait interdit de devenir président selon la Constitution américaine.

C’était « fou et mesquin, bien sûr, le sectarisme et la xénophobie sont à peine dissimulés », tacle la première « First Lady » noire de l’histoire des Etats-Unis. « C’était aussi dangereux et fait pour provoquer les malades et les cinglés […] Et si quelqu’un d’instable avait chargé un pistolet et était venu à Washington ? Et si cette personne s’en était prise à nos filles ? », accuse-t-elle. « Donald Trump, avec ses insinuations bruyantes et irresponsables, a mis en danger ma famille. Et pour ça, je ne lui pardonnerai jamais ».

Donald Trump, qui s’apprêtait à s’envoler pour la France pour les commémorations du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, n’a pas tardé à réagir après la publication de ces extraits. « Michelle Obama a été payée très cher pour écrire un livre et ils insistent toujours pour que vous sortiez des polémiques », a-t-il lancé à des journalistes, avant d’attaquer Barack Obama : « Moi, je ne lui pardonnerai jamais pour ce qu’il a fait à notre armée. »

Tout au long des 426 pages, Michelle Obama se livre aussi sur sa vie intime, évoquant sa fausse couche il y a une vingtaine d’années. « C’était comme si j’avais échoué, je ne savais pas que les fausses couches étaient si fréquentes parce qu’on n’en parle pas », a-t-elle déclaré dans des extraits d’une interview à la chaîne ABC.

« Nous sommes confrontées à notre propre douleur, pensant d’une certaine manière que nous sommes brisées ». Et l’épouse du 44e président des Etats-Unis d’ajouter : « C’est l’une des raisons pour lesquelles je pense que c’est important de dire aux jeunes mères que les fausses couches arrivent ».

Dans son livre, elle raconte aussi que leurs deux filles, Malia, 20 ans, et Sasha, 17 ans, sont venues au monde grâce à la fécondation in vitro. « L’horloge biologique est réelle », « parce que la production d’ovules est limitée », confie-t-elle à ABC. « Je l’ai réalisé quand j’avais 34 et 35 ans. Nous avons eu besoin de faire appel à la fécondation in vitro ».

Contrairement à l’image de couple parfait véhiculé par les Obama, son mariage n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. L’ancienne Première dame révèle avoir suivi une thérapie de couple avec son mari. « Je connais beaucoup de jeunes couples en difficulté, et qui pensent que d’une certaine manière il y a quelque chose qui ne va pas chez eux. Et je veux qu’ils sachent que Michelle et Barack Obama, qui ont un mariage phénoménal et qui s’aiment, nous travaillons sur notre couple ».

Michelle Obama répond aussi indirectement à une question récurrente depuis deux ans : est-elle prête à retourner à la Maison-Blanche, dans le rôle cette fois de présidente ? « Je n’ai jamais été une fan de politique et mon expérience ces dix dernières années n’a pas fait beaucoup pour changer ça. Je continue à être découragée par la méchanceté », écrit-elle dans ses mémoires.

V.G. avec AFP

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