Les GM&S demandent 7,4M aux constructeurs et ils ont bien raison

Alors que le PSE (Plan de Sauvegarde des Emplois) a été récemment remis en cause au tribunal administratif de Bordeaux, les ouvriers licenciés de l’usine GM&S ainsi qu’une partie de ceux repris par LSI (La Souterraine Industrie), ont assigné en justice les deux constructeurs Renaud et Peugeot (PSA). Ce sont 85 licenciés ainsi que 33 encore en emploie qui revendiquent le droit à une indemnité, en pointant le fait que les constructeurs ont provoqué la chute de GM&S, les motifs sont plus précisément : « abus de position dominante » et « responsabilité pour faute ».

C’est une lutte de longue date qui se poursuit, en septembre dernier, une demande de conciliation a été faite, les ouvriers annonçaient déjà à l’époque qu’ils étaient prêts à aller jusqu’à l’assignation en justice. Devant la réponse du directeur juridique de PSA, Mark Rollinger, le 8 octobre, Maître Borie, avocat des GM&S rapporte que PSA : « considère avoir respecté ses engagements et être en mesure de s’en justifier  » mais estime que « le projet d’assignation en justice est un signal négatif, n’étant pas de nature à permettre au site de travailler avec de nouveaux clients et de se développer  ». Une réponse pleine d’hypocrisie. De son côté Renaud n’a même pas répondu à la proposition de conciliation.

La somme demandée ne vient pas de nulle part, c’est 80 000 euros pour chaque ouvrier licencié, ainsi que 20 000 pour ceux qui ont été repris après le PSE. L’avocat, M. Borie précise qu’en plus des 108 personnes actuellement engagés dans la procédure, d’autres comptent les rejoindre. Ces réparations sont évidemment légitimes, dans un communiqué de presse, M. Borie rappelle une nouvelle fois ce que cause les agissements du patronat, « Oui, nous attaquons PSA et Renault pour ce qu’ils nous ont fait subir depuis des années, les vies brisées, les carrières cassées, la souffrance des familles et sans oublier les conséquences psychologiques. Tout cela a été orchestré par les constructeurs automobiles, nous demandons réparation ! »

Cette forte détermination est démontrée à travers cette nouvelle procédure juridique, qui sera certainement très longue. Mais les GM&S sont connus pour leur combativité et ils le démontrent une nouvelle fois. Que ce soit sur la bataille concernant l’annulation du PSE, remportée en octobre dernier, dont nous n’avons pas encore les répercutions précises ou cette nouvelle assignation en justice. Les raisons pour poursuivre la bataille ne manquent évidemment pas, alors que les différents licenciements ont broyé de nouvelles vie, ceux qui ont pu être repris par LSI voient l’avenir d’un mauvais œil, nous avions écrit fin septembre dernier à ce sujet, autour des engagements du repreneur et des constructeurs qui n’étaient pas tenus.

La situation n’a pas évolué côté patronat, comme partout à l’image des Ford, les fermetures se poursuivent, mais les luttes qui vont avec également, dans un contexte de crise de plus en plus accentuée en France, la colère gronde.

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GM&S   /    Notre classe

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