Le 11 novembre 1918 par Roland Dorgelès : «Cette allégresse me faisait mal»

Le 11 novembre 1918 par Roland Dorgelès : «Cette allégresse me faisait mal»
Le journaliste Roland Dorgelès s’engage comme fantassin puis se forme au pilotage pendant la Grande Guerre. Rue des Archives/©Rue des Archives/PVDE

LES ARCHIVES DU FIGARO – En 1968, Le Figaro Littéraire demandait à des écrivains de raconter leur «11 novembre». Qu’y avait-il dans leur coeur ce jour-là? Allégresse, soulagement, inquiétude, douleur? Pour Roland Dorgelès, la joie populaire n’effaçait pas les morts, les «copains» fauchés par la guerre.

Roland Dorgelès (1885-1973), journaliste et écrivain est l’auteur d’un des plus célèbres romans consacrés à la Grande Guerre et aux poilus: Les Croix de boispublié en 1919. Engagé volontaire dans l’infanterie dès 1914, Dorgelès a combattu en Argonne et en Artois.


Article paru dans Le Figaro Littéraire du 11 novembre 1968

Un jour de fête? Un jour de triomphe?

Non, je ne veux pas mentir. Pour moi, comme pour des millions d’autres, ce 11 novembre fut avant tout un jour de soulagement. Si l’on avait pu, ce matin-là, ouvrir d’un coup de scalpel les cœurs qui battaient à se rompre, c’est un grand «ouf»! qui en aurait jailli.

Enfin, on ne tuerait plus! Enfin, on ne mourrait plus! Enfin, il y aurait un lendemain pour tous.

Sur le front comme à l’arrière, on savait que des pourparlers d’armistice étaient engagés, on précisait même que les hostilités cesseraient à onze heures, mais on avait été tant de fois déçu qu’on doutait encore. La …

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