La guerre contre le terrorisme a fait un demi-million de morts depuis le 11-Septembre

Au lendemain des attentats du 11-Septembre, les États-Unis se lançaient dans la plus longue guerre de leur histoire en envahissant l’Afghanistan tenu par les talibans. Près d’une génération plus tard, un demi-million de personnes seraient mortes dans cette « guerre contre la terreur » en Afghanistan, en Irak et au Pakistan d’après un rapport publié jeudi 8 novembre par l’université américaine Brown (Rhode Island). Le bilan recense entre 480 000 et 507 000 victimes des combats qui ont opposé l’armée américaine et ses alliés à des groupes insurgés, accusés de liens plus ou moins directs avec le terrorisme international ces dix-sept dernières années. Outre les belligérants, l’étude comptabilise aussi les civils, les journalistes et les humanitaires, ciblés ou victimes collatérales de ces combats.

Selon le rapport, l’Irak est, de loin, le pays le plus meurtri avec près de 300 000 morts enregistrés depuis le début de l’intervention américaine en 2003, dont 200 000 civils. C’est cinq fois plus qu’en Afghanistan et huit fois plus qu’au Pakistan. Le rapport s’inquiète toutefois de la situation alarmante des civils en Afghanistan. « L’augmentation du nombre de morts montre que, loin de diminuer, cette guerre reste intense. » L’étude ne prend pas en compte les 500 000 morts du conflit en Syrie.

Côté américain, près de 7 000 soldats seraient morts en opération pour combattre le terrorisme. Après des pics entre 2006 et 2007 en Irak, le nombre annuel de victimes au sein des rangs de l’US Army n’a cessé de diminuer jusqu’à aujourd’hui, en grande partie parce que « les États-Unis ont transféré la plupart des combats terrestres à leurs alliés », explique l’enquête. Mais, malgré cela, les États-Unis n’auront pas réussi à garder dans leur viseur l’objectif d’une guerre à « zéro mort ». Inventé dans les années 1990 après les succès militaires remportés lors de la guerre du Golfe, ce concept voulait qu’une démocratie ne puisse tolérer le prix du sang dans ses interventions militaires, qui devaient rester « propres » et « efficaces ».

Ce bilan ne prend toutefois pas en compte les victimes indirectes de ces conflits et les conséquences sanitaires et humanitaires qui découlent de plusieurs années de guerre. « Nous ne pourrons jamais avoir de bilan direct de ces guerres », regrette son auteure, Neta Crawford. Pour cette professeure de sciences politiques à l’Université de Boston (Massachusetts), « les chiffres des rapports du Pentagone minimisent les effets des opérations menées par les États-Unis en 2017 ». Alors que ceux qui veulent enquêter sur les conséquences de la guerre contre le terrorisme « sont coincés par des gouvernements qui sont déterminés à peindre une image trop optimiste », la chercheuse appelle à « plus de transparence dans la comptabilité des morts et blessés civils causés par les opérations des États-Unis et de leurs alliés ».

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