Jeff Poirot : «Le XV de France a besoin de victoires»

Ce premier test, qui lance la saison Coupe du monde, est forcément très attendu..
Jefferson Poirot. Il y a une véritable envie de bien lancer cette saison qui est celle de la Coupe du monde oui. Une envie de bien faire et, ainsi, de valider le travail effectué.

Êtes-vous en proie au doute après les trois défaites, cet été, en Nouvelle-Zélande ?
Il faut mettre la tournée d’été de côté. Pour nous, les joueurs du Top 14, c’est très compliqué à aborder au terme d’une saison plus que longue. En comptant la préparation physique qui débute en juin, certains sont sur la brèche depuis un an ! Il faut donc se resserrer sur le contenu vu pendant le Tournoi des six nations. On n’a certes pas gagné, mais on a constaté que nous étions très proches de l’Irlande, du pays de Galles, de l’Ecosse. Et on a battu l’Angleterre. On fait beaucoup de choses mieux. Qui ne se voient pas parce qu’on ne les valide pas par des victoires. C’est l’heure de le valider, car on en a vraiment besoin.

Existe-t-il vraiment des raisons d’être confiant ?
Nous avons accès à beaucoup de données de nos matches. Qui nous rassurent sur les contenus et peut nous mener à quelque chose de bien d’ici la Coupe du monde. On se rassure comme on peut vous me direz. Mais si on ne regarde que notre bilan de victoires, on ne vient même plus à Marcoussis et on reste la tête au fond du seau (rires).

«L’agressivité, ça ne se prépare pas à l’entraînement. C’est ce que chacun veut vraiment au fond de lui…»

Depuis deux semaines, vous avez beaucoup travaillé la défense…
Il n’y a pas de grandes équipes sans grande défense. La preuve, l’Afrique du Sud a battu cet été la Nouvelle-Zélande avec seulement 25% de possession de balle mais plus de 300 plaquages…

Mieux ne vaut, donc, ne pas avoir la possession du ballon ?
Il faut gagner. Si on s’étouffe à force d’attaquer pour perdre le match, ça ne m’intéresse pas. Si on leur met des scuds toute la partie et qu’on gagne 3-0, eh bien on aura gagné. Il faut peser le côté risques et conséquences, trouver la bonne balance et, surtout, ne pas se faire prendre à son propre jeu. Ne pas jouer trop, ni aux mauvais endroits.

Comment aborder un adversaire aussi physique que l’Afrique du Sud ?
Avec beaucoup de détermination pour rendre cette agressivité justement. Si on ne se met pas en face, à ce niveau, on peut passer bien à côté… En août, ils ont pris les All Blacks dans ce secteur. Mais ça, c’est dans la tête. Ça ne se prépare pas à l’entraînement. C’est ce que chacun veut vraiment au fond de lui. Tout le monde sait qu’il est là pour gagner sa place pour la Coupe du monde. Et ça, il faut aller se le chercher. Ce sera à celui qui en aura le plus envie. Et si c’est le cas de tout le monde, eh bien ça fera des choses formidables…

«De 22 à 26 ans, je n’ai jamais pu travailler plus de quatre semaines durant l’été, c’est juste incroyable»

Revenez-vous revanchard après votre suspension en mai dernier (six semaines pour avoir donné un coup de pied sur le visage de son adversaire lors de la dernière journée du Top 14) ?
J’ai raté bêtement la tournée en Nouvelle-Zélande et les absents ont toujours tort. Je reviens donc il faut que je montre.

Mais vous avez pu en profiter pour vous reposer et vous préparer…
Je ne le vois pas comme ça. Ça m’a fait du bien physiquement, c’est sûr, mais je regardais jouer l’équipe de France devant ma télé. Voir Dany (Priso) faire de très bonnes prestations à mon poste, dans un coin de ma tête, je me disais ‘‘attention, tu vas finir par regarder la tournée de novembre à la télé aussi’’ (rires).

D’accord, mais physiquement, c’était un mal pour un bien non ?
Ça m’a fait du bien, je ne peux pas dire le contraire. J’ai pu travailler dix semaines complètes, ce qui ne m’était pas arrivé depuis 2015. Et j’ai 26 ans. Ce qui signifie que de 22 à 26 ans, je n’ai pas pu travailler plus de quatre semaines chaque été. Quand on y pense, c’est juste incroyable ! Comment on fait pour se développer ? Donc oui, ça a changé beaucoup de choses. J’ai eu une vraie coupure, j’ai pu me reposer – ça fait la différence ça aussi car, d’habitude, on a l’impression que chaque saison est la continuité de celle d’avant – puis m’entraîner beaucoup plus, beaucoup plus fort, beaucoup mieux. Du coup, là je me sens en pleine forme. Mais il faut que ça se ressente le jour du match. C’est sur le terrain qu’on verra…

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Le Stade de France ne sera pas plein. Avez-vous un message à adresser aux supporters pour qu’ils reviennent vous soutenir ?
On sait qu’on n’a pas les résultats attendus mais ça va venir très prochainement. Je peux leur certifier qu’on travaille toute l’année pour vivre des bons moments en équipe de France. On espère être enfin récompensés pour pouvoir communier avec eux. Ça nous chagrine car on n’aime pas ne pas faire plaisir à notre public. Ce qui veut dire d’ailleurs qu’on ne se fait pas plaisir nous-mêmes. On a besoin de victoires, de ferveur populaire, de retrouver des supporters qui poussent derrière nous. Je trouve, honnêtement, qu’ils ont été remarquables jusqu’à maintenant. Il est temps, pour nous, de les récompenser…

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