Guingamp – Lyon. Sylvain Didot, le compétiteur né

Depuis mardi, Sylvain Didot s’est plongé totalement dans sa mission.
Depuis mardi, Sylvain Didot s’est plongé totalement dans sa mission. ((Photo Nicolas Creach))

Dès mardi après-midi, quand sonna l’heure du premier entraînement de l’après-Kombouaré, son rôle fut établi. Quand Vincent Rautureau, le directeur du centre de formation, se plaçait en observateur avisé, lui donnait de la voix, encourageait, scrutait le comportement de chacun. Sylvain Didot, tout juste 43 ans, n’est pas homme à s’engager à moitié. Entraîneur, il est devenu. Entraîneur, il sera.


« Il fallait faire simple, être efficace »


Ce n’est pourtant pas « le même métier » qu’a découvert le Lannionnais de naissance lors de cette semaine agitée. En face de lui, il y avait « des joueurs de grande qualité, en attente de situations et de discours qui leur permettent d’avancer ». Alors, l’ancien capitaine du Stade de Reims, formé à Guingamp avant de se révéler à la GSI Pontivy et au Stade Brestois, a fait comme il sait. Il a banni l’improvisation, préparé chacune de ses séances avec méticulosité, a transmis sa niaque et son enthousiasme de pur passionné. « Il fallait que la semaine soit dynamique, a-t-il expliqué. Il fallait faire simple, être efficace, montrer aux joueurs que l’on avait préparé les séances de la meilleure des façons et dans un seul but : les mettre dans les meilleures conditions ».

Nul ne sait encore quel nom apparaîtra sur la feuille de match. Qui de Vincent Rautureau ou de lui-même se pliera au protocole. Mais l’actuel coach de l’équipe B d’En Avant (leader invaincu en National 3) devrait bien être celui qui se poste debout. En n°1. Le naturel reviendra alors au galop : l’ancien ailier va s’agiter, replacer, encourager et râler. Comme il le faisait au Stade Briochin, le club qui lui aura définitivement donné l’envie d’entraîner.


« La satisfaction ne viendra que du résultat »


Arrivé en juin 2011, quand les Griffons étaient retombés en DSE, l’aîné des Didot a emmené le voisin briochin jusqu’au titre de champion de CFA 2. Il y a instillé sa haine féroce de la défaite, son esprit de compétiteur. Le gaucher au visage émacié aime les passes qui claquent, le jeu rapide vers l’avant, l’intensité de tous les instants. Il est un adepte de la défense à quatre et coutumier du 4-3-3.

Alors que la pratique avait disparu, l’homme aux 24 matchs de Ligue 1 et 152 de Ligue 2 a dirigé son dernier entraînement à huis clos, vendredi matin au Roudourou. « La satisfaction ne viendra que du résultat final, martèle le gagneur invétéré. On ne saura qu’à 19 h si les 18 gars auront rempli leur tâche, et nous avec ».

Lui a plongé dans cette semaine sans état d’âme. « Quoi qu’il arrive, ça aura été une expérience bénéfique pour l’avenir », livre-t-il. Diriger Étienne, son petit frère, s’est également fait tout naturellement. « Si ça avait été compliqué, cela voudrait dire que je n’ai pas la bonne vision du métier d’entraîneur. Il est un joueur à part entière comme celui d’à-côté. La seule qui compte pour moi, c’est qu’il soit performant ». Et que tous les Guingampais le soient avec lui. Forcément.

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