Gabart : Sus à l'Anglais !

L’arrivée se rapproche. François Gabart reste concentré avec les grains qui surviennent rapidement comme ce matin. Un empannage ce samedi redressera la route du trimaran MACIF, qui pointera alors le nez vers la Tête à l’Anglais, la pointe septentrionale de la Guadeloupe. Restera alors à François Gabart à glisser le long de la côte ouest, à passer le canal des Saintes et à infléchir sa courbe pour entrer dans la baie de Pointe-à-Pitre. En vainqueur, ce serait encore plus beau.

Au cœur du trimaran MACIF

Parti il y a six jours de Saint-Malo, François a, comme le reste de la flotte de la Route du Rhum, connu son lot de soucis et d’heures blanches dans la lutte contre la dépression qui a secoué les abords du continent européen. Et avec Francis Joyon, jamais à plus de 150 milles derrière, il est temps que cette Route du Rhum s’achève. Il y aura encore des efforts à fournir, de la clairvoyance à solliciter, et de grosses séquences aux winches à endurer. « Je sens bien François, commente Guillaume Combescure, qui assiste la cellule de routage de Jean-Yves Bernot. Il a la rage de vaincre, ça se sent, et il ne s’est pas engagé dans la Route du Rhum pour lâcher maintenant, c’est une certitude ».

Les performances

Il restait moins de 900 milles à parcourir, après que le trimaran MACIF a parcouru 481,8 milles en 24 heures au pointage de 7h45. Depuis l’empannage vers le nord, en début de nuit dernière, François a repris de la vitesse et, tôt ce matin, on pouvait noter que le bateau avait roulé à plus de 29 nœuds sur trois heures dans les alizés. Enfin hier, en milieu de journée, François a ralenti pour sécuriser la réparation qu’il avait effectuée sur sa grand-voile, au prix de quelques milles d’avance de perdus, assez vite récupérés.

Le programme du jour

Une fois que le trimaran MACIF aura atteint le point cible de la route nord qu’il emprunte encore, il sera temps, avec le bon angle au vent, d’empanner pour pointer les étraves vers la Guadeloupe et la Tête à l’Anglais. Avec la présence de Francis Joyon se pose peut-être une question stratégique : vaut-il mieux assurer le coup ou tenter de gagner encore quelques milles sur son rival, sachant que le tour de la Guadeloupe recèle quelques pièges fameux qui ont souvent ruiné les meilleures intentions ?
La clé : garder en permanence un peu de vitesse puisque ces bateaux sont faits pour additionner au vent réel un vent relatif créé par leur déplacement

L’éclairage

Ah, le tour de Guadeloupe, cimetière réputé des plus belles trajectoires… Il sera aux alentours de 15 heures, dimanche à Paris, quand François effacera la Tête à l’Anglais. « Ensuite, précise Guillaume Combescure, tu tombes dans le dévent de la côte, puisque l’alizé vient de l’est. Il faut localiser la zone de molle et tenter de la subir le moins possible, parce qu’il n’est de toute façon pas possible d’y échapper. La clé : garder en permanence un peu de vitesse puisque ces bateaux sont faits pour additionner au vent réel un vent relatif créé par leur déplacement. Il faut savoir ne pas perdre patience… » Une fois dans le sud de l’île, il faut encore s’aventurer dans le canal des Saintes où accélèrent les alizés, contraints par les côtes de part et d’autre. « Ça peut ‘entrer’ très fort, il faut être super vigilant », note Guillaume Combescure. Restera à placer un virement, voire deux selon le schéma du moment, avant d’apercevoir la ligne d’arrivée, de lever les bras, et de faire retomber la pression.

Classement de 8h
Trimaran MACIF à 873,8 de l’arrivée
IDEC Sport à 115 mn
Remade – Use It Again à 2217,6 mn
Sodebo Ultim’ à 2321,4 mn
Maxi Banque Populaire – Abandon
Maxi Edmond de Rothschild – Abandon

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