Créteil : six mois avec sursis requis contre Ibrahim Maalouf, pour agression sexuelle

Le musicien Ibrahim Maalouf est jugé depuis ce matin par le tribunal correctionnel de Créteil, accusé d’avoir embrassé une collégienne lors d’un stage d’une semaine, dans son studio d’Ivry-sur-Seine.
Ibrahim Maalouf, alors âgé de 33 ans, qui a toujours reconnu un “acte unique” qu’il avait “immédiatement regretté” selon le parquet, a embrassée la jeune fille, à l’époque âgée de 14 ans et scolarisée en troisième, à l’issue de cette semaine de stage. Mais ses parents ont fait un signalement un an après les faits auprès du parquet de Montpellier), où ils résidaient avec leur fille, et une enquête a été ouverte. Elle a débouché sur le placement en garde à vue, en janvier 2017, d’Ibrahim Maalouf, aujourd’hui 37 ans.

Amoureuse du musicien

La jeune fille “avait commencé  à se scarifier, à faire des crises de boulimie. Elle a vu un médecin et a révélé qu’il y avait eu des caresses sexuelles”, affirme l’avocat de la famille, Jean-Baptiste Moquet. Pour l’auxiliaire de justice, la jeune fille, “amoureuse” du musicien et “fascinée” par lui, avait voulu le protéger.

L’enquête préliminaire avait été ouverte pour “atteinte sexuelle”, qui implique le consentement de la mineure. “Au terme des investigations” cependant, le parquet a estimé “qu’il n’y avait pas eu de consentement de la victime et a décidé de renvoyer” Ibrahim Maalouf devant le tribunal pour “agression sexuelle”.

Un bisou selon Ibrahim Maalouf

Selon la version de la jeune femme, aujourd’hui âgée de 18 ans, le musicien l’aurait embrassée une première fois un soir à la sortie d’un cinéma. Un “baiser avec la langue” selon elle, un “bisou”, selon Ibrahim Maalouf. Pour lui, c’est la jeune fille qui en était à l’origine : “Je lui ai pris les poignets, je me suis éloigné d’elle, sans la brusquer”.

Deux jours plus tard et selon la version de la jeune fille, le musicien l’aurait à nouveau embrassée, dans son studio d’enregistrement cette fois, où elle faisait un stage. Il l’aurait “attrapée par le bassin”, mimant un acte sexuel. “Je sentais son sexe derrière moi sur mes fesses”, avait-elle déclaré aux enquêteurs. “En aucun cas je n’ai eu d’attirance physique ou sexuelle” pour cette “adolescente”, s’est défendu, vendredi le musicien, se sentant “coupable” de “ne pas avoir su mettre des limites”.

La relaxe demandée par la défense

Pour le procureur, cependant, aucun doute. Il y a eu  “surprise” et “contrainte”. Dans ses réquisitions, le magistrat a souligné la “non-dangerosité” d’Ibrahim Maalouf et noté qu’il ne souhaitait pas requérir que ce dernier, qui enseigne la musique aux jeunes, ne puisse plus travailler avec des mineurs. “Il y a des moments où ça peut arriver, à chacun d’entre nous, de commettre des infractions”, a-t-il dit.

Dans sa plaidoirie, l’avocate d’Ibrahim Maalouf, Maud Sobel, a elle parlé de “dépit amoureux” d’une jeune fille qui “aurait souhaité que cette transgression continue”. Elle a plaidé la relaxe, estimant qu’il n’y avait pas d’élément pour étayer sa culpabilité.

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