Centenaire de la Grande Guerre : voyage dans la France des monuments aux morts

EN IMAGES – Dès la fin du conflit et dans les années qui ont suivi, des milliers de monuments aux morts ont été érigés dans les villes et les villages pour commémorer les morts de la Grande Guerre.

Au sortir de la Grande Guerre, 1,35 million de combattants français sont morts au combat. Chaque famille, chaque ville, chaque village entame un travail de deuil et de commémoration. C’est dans ce contexte que dès les années vingt, des monuments aux morts sont érigés sur les places principales des communes.

Qu’elles soient ornées d’une sculpture, coiffées d’un mausolée où laissées nues, ces stèles en hommage aux «poilus» sont le reflet des aspirations de l’époque: célébrer leur combat («À nos héros») ou leur sacrifice («À nos martyrs»), mais surtout leur redonner un nom. Ces patronymes, souvent rangés par ordre alphabétique, rétablissent la mémoire des soldats morts pour la France, les associent à la mémoire de la Grande Guerre quand il risquaient de sombrer dans l’oubli.

Les «poilus» ne sont pas les seuls à être honorés. Le bronze ou la pierre représentent aussi les femmes, les enfants et les vieillards, tous ces civils qui ont aussi pleinement participé à l’effort de guerre. Certaines stèles arborent aussi une touche régionaliste, pour rappeler que les soldats de la nation étaient aussi les fils d’un territoire breton, lorrain ou basque.

Plusieurs monuments aux morts font partie de la mémoire collective. Les plus impressionnants ont été érigé sur les lieux des grandes batailles: on peut citer l’ossuaire de Douaumont, construit à la mémoire des morts de la bataille de Verdun, où le mémorial international de notre-Dame-de-Lorette, inauguré pour le centenaire du début de la Grande Guerre en 2014 dans le Nord-Pas-de-Calais. D’autres monuments brillent par leur absence ; à Paris, aucune stèle n’a été érigée en mémoire des combattants parisiens morts sur le front. Mais l’oubli sera réparé dimanche, avec l’inauguration d’une plaque commémorative au cimetière du père Lachaise.

Au cours de ses voyages à travers la France et à l’étranger, le photographe de sport mécanique Bernard Asset a entrepris de faire un pas de côté ; lorsque l’occasion se présentait, il a photographié des monuments commémoratifs dédiés aux soldats de la Grande Guerre. Une forme d’hommage à son grand père maternel, amputé d’un bras à Verdun, et à son grand père maternel qui a combattu dans un corps expéditionnaire français sur le front de l’est. Bernard Asset en a tiré un livre* dans lequel il compile ses plus belles images.

Crédit photo: Bernard Asset
Crédit photo: Bernard Asset BERNARD ASSET/BERNARD ASSET

Boën-sur-Lignon (Loire) – Sculpté par Joanny Durand, ce monument représente Vercingétorix main dans la main avec un poilu. Une mise en scène étonnante, d’autant qu’il s’agit d’un monument commémoratif au maquis. Un autre monument plus classique et portant les noms des morts de 14-18 figure dans le cimetière de la commune.

Crédit photo: Bernard Asset
Crédit photo: Bernard Asset BERNARD ASSET/BERNARD ASSET

Boursies (Nord) – Un poilu brandit les lauriers de la victoire. Sculpté en 1924 par Eugène Paul Bénet, ce monument reprend une symbolique assez courante dans les communes françaises. Il tire cependant son originalité de son support, une forme de mausolée constitué de quatre colonnes.

Crédit photo: Bernard Asset
Crédit photo: Bernard Asset BERNARD ASSET/BERNARD ASSET

Cambrai (Nord) – Des combattants montent à l’assaut assistés d’un tank, et précédés de la victoire ailée. Conçu par les architectes Lemonnier et Halley en 1924, la statue rappelle que les blindés furent les acteurs clé de la bataille de Cambrai en 1917.

Crédit photo: Bernard Asset
Crédit photo: Bernard Asset BERNARD ASSET/BERNARD ASSET

Digny (Eure-et-Loir) – L’oeuvre tire son originalité de sa couleur bleue, fraîchement restaurée lors de la prise de vue. La composition, un Poilu qui étreint le drapeau, est en revanche assez répandue. Sculptée par Charles Breton, elle a été érigée en 1919.

Crédit photo: Bernard Asset
Crédit photo: Bernard Asset BERNARD ASSET/BERNARD ASSET

Saint Raphaël (Var) – Détail d’une composition de trois statues de bronze représentant une victoire ailée entourée de deux poilus qui tiennent des rubans: «pour la liberté, pour le droit».

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Gentioux (Creuse) – «Maudite soit la guerre», peut-on lire sur cette stèle agrémentée d’un enfant au poing tendu. Érigé en 1922 à l’initiative du maire de l’époque, Jules Coutaud, ce monument pacifique avait provoqué une controverse. Il a été sculpté par Jules Pollacchi.

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Crédit photo: Bernard Asset BERNARD ASSET/BERNARD ASSET

Lodève (Hérault) – Cet imposante sculpture de Paul Dardé réalisée en 1930 représente des femmes et enfants aux pieds d’un poilu mort.

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Mauriac (Cantal) – Sculpté par Louis-Armand Bardery et érigé en 1922, ce poilu est représenté marchant avec une canne. En arrière-plan, on voit la belle basilique romane Notre-Dame des Miracles.

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Papeete (Tahiti, Polynésie Française) – Comme dans tous les départements français d’outre-mer, les combattants des Dom-Tom sont honorés.

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Paris, Eglise Saint-Louis, Hôtel des Invalides – Élevé en 1937, le tombeau du maréchal Foch représente des poilus qui portent le corps de leur chef avant sa mise en terre. Il est l’oeuvre de Paul Landowski.

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Paris, Square Thomas Jefferson – Ce monument a été fait en 1923 par Jean Boucher en l’honneur des volontaires Américains.

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Paris, Place du Trocadéro – Lancé en 1937, ce projet n’a vu le jour qu’en 1950. C’est surtout un monument à la gloire de l’armée française. Il a été sculpté par Paul Landowski. Un autre monument, spécifiquement dédié aux morts parisiens, verra le jour prochainement au cimetière du Père Lachaise.

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Pontivy (Morbihan) – Construit en 1922 et agrandi en 1959, cet imposant haut relief en bronze représente une femme en deuil et des soldats morts. Il a été sculpté par Gaston Schweitzer et construit par l’architecte Prosper Demeret.

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Trafalgar, Victoria, Australie – Assimilée au Royaume-Uni, l’ Australie fut l’un des 23 états «alliés». Ce soldat australien domine une place de Trafalgar petite ville de l’Etat de Victoria au sud-est du pays.

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Ville-en-Tardenois (Marne) – Sur ce monument très coloré, un poilu en uniforme salue la liste des morts dans un décor de tranchées très réaliste, le tout surplombé d’une arche de pierres meulières. Il a été sculpté en 1923 par Paul Warner et construit par Jacques Felix.

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Vitrimont-Friscati (Meurthe-et-Moselle) – Construite entre 1918 et 1924, la nécropole de Friscati regroupe les corps de 9281 soldats morts aux batailles de Léomont et Luneville.

*Images de monuments aux morts 14-18 et hommage à mes grands-pères, Bernard Asset (livre auto-édité). Visiter son site web.

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