Assurance-chômage : Macron met la pression

En marge de la première séance de négociation entre patronat et syndicats vendredi, le président a rappelé ses souhaits de lutter contre les abus des contrats courts, lors d’un déplacement dans le Pas-de-Calais.

Alors que la première séance de négociation entre patronat et syndicats sur l’assurance-chômage se tenait vendredi après-midi, le chef de l’État s’est invité dans le jeu par une déclaration le même jour à Lens (Pas-de-Calais). «Ce qu’on va mettre en place, c’est un système un peu de bonus-malus, c’est-à-dire que les entreprises qui favorisent l’emploi durable pour les gens et donc la stabilité auront des bonus. Les gens qui font trop de contrats courts auront des malus», a-t-il précisé, ajoutant que ce dispositif serait mis en place «en début d’année prochaine».

Rien de nouveau sur le fond: le bonus-malus est une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron, destinée à lutter contre les abus des contrats courts. Mais le timing n’est pas anodin. Par cette déclaration, le président met la pression sur les organisations patronales, farouchement opposées à ce dispositif consistant à faire varier les cotisations chômage des entreprises en fonction de leurs comportements. Leurs dirigeants ont réagi par tweet. Le gouvernement avait été un peu moins direct dans la lettre de cadrage de la négociation, qu’il avait envoyée aux partenaires sociaux fin septembre.

Cette négociation sur l’assurance-chômage, qui doit s’achever fin janvier, s’annonce difficile. Les syndicats veulent défendre le maintien des droits des chômeurs – Denis Gravouil, le négociateur CGT, a déchiré la lettre de cadrage avant la séance -, tandis que le patronat veut s’éviter le bonus-malus. Pour cela, il a une porte de sortie, en encourageant les branches à négocier sur le sujet comme l’a rappelé aussi vendredi Emmanuel Macron. Problème: pour l’instant, seules celles de la propreté et de la métallurgie ont conclu. Celle de la restauration s’apprêterait à lancer des négociations. C’est peu. Faute d’accord jugé satisfaisant sur l’assurance-chômage ou en l’absence d’accord, le gouvernement reprendra la main et imposera son système de bonus-malus.

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