Armel Le Cléac'h : «Tout d'un coup, le bateau bascule sur le côté»

Sur le site internet que la Banque Populaire consacre à la voile, Armel Le Cléac’h est revenu sur son chavirage mardi lors de la Route du Rhum : «Tout d’un coup, le bateau bascule sur le côté, en quelques secondes. Je ne me rends pas vraiment compte de ce qui se passe, le bateau est complètement gîté. Je me rends compte qu’on est en train de chavirer. J’aperçois le flotteur sous le vent qui est détaché du bateau, donc je me dis qu’il y a dû y avoir quelque chose qui a lâché, je ne sais pas quoi. En tout cas, je suis plutôt dans l’urgence de gérer la crise, surtout pour moi d’essayer de trouver une solution pour être en sécurité et me retrouver, si possible, à l’intérieur du bateau, dans la coque centrale, quand le bateau aura fini de se retourner.»

«Ça allait, même si j’avais assez mal aux côtes»

«Déjà, il a fallu que je réussisse à rentrer dans le bateau, ça ne s’est pas fait facilement. J’ai réussi tant bien que mal à rejoindre la coque centrale et à rentrer par le hublot qui est prévu pour ça, à l’arrière, et donc me retrouver à l’intérieur du bateau, en sécurité, pour pouvoir déclencher les secours et notamment la balise de détresse, a poursuivi le marin français. Je l’ai actionnée assez rapidement, ensuite j’ai pu ouvrir le sac de survie qui est à bord pour pouvoir avoir tout de suite les premiers outils pour pouvoir me mettre en sécurité et enfin contacter la terre. J’ai appelé mon équipe pour leur dire que j’étais bien à bord et que ça allait même si j’avais assez mal aux côtes. J’étais un peu sonné, mais j’étais dans le bateau sain et sauf et j’attendais maintenant les secours pour venir me chercher. Ça a pris un peu de temps.

«Six-sept heures avant l’arrivée du premier avion»

Après, l’organisation du sauvetage s’est mise en place. […] Les choses se sont faites progressivement. Moi, j’étais en contact avec la terre régulièrement. Ils m’ont donné des nouvelles. Déjà, ils avaient la position du bateau, ce qui était plutôt bien. Ensuite il a fallu dérouter un ou plusieurs bateaux. J’ai su plus tard qu’il y avait un cargo et un bateau de pêche qui allaient rejoindre la zone sur laquelle je me trouvais et qu’un avion français allait décoller pour pouvoir survoler ma position. Un deuxième avion, portugais, allait aussi venir sur zone. Ça a pris six-sept heures, avant l’arrivée du premier avion français, avec qui j’ai pris contact par VHF pour préciser ma position, pour dire que tout allait bien à bord. A ce moment-là, ils m’ont informé qu’un bateau de pêche portugais avait été dérouté et qu’il allait arriver sur zone en début de nuit vers 20h00-21h00 (heure française), pour pouvoir me porter secours.

«Vraiment très sympa, l’équipage»

D’abord j’ai été récupéré par le bateau de pêche. C’était quand même un moment assez chaud, parce que les conditions de mer et de vent ne s’étaient pas vraiment calmées. Sur zone, c’était toujours bien agité, ça remuait pas mal dans le bateau. Le bateau de pêche est arrivé vers 20h00. On avait mis en place une organisation pour mon sauvetage. J’avais échangé avec les deux avions pour leur dire comment j’allais pouvoir sortir du trimaran et rejoindre le bateau de pêche. J’avais prévu de mettre mon radeau de survie à la mer, de monter dedans et de rejoindre, si possible, le bateau de pêche à ce moment-là pour monter à bord. C’est ce que j’ai réussi à faire vers 21h00. Ça a été un petit peu compliqué, parce que la mer était difficile. Il faisait nuit, mais, heureusement, le bateau de pêche, et notamment le capitaine, a très bien manoeuvré. L’équipage a été formidable, ils m’ont vraiment bien aidé dans cette manoeuvre. Très vite, j’ai réussi à monter à bord (du) bateau […] où j’ai été très vite bien accueilli. Ils m’ont proposé de prendre une douche, de me donner des vêtements, parce que j’avais uniquement ma combinaison de survie, et ils se sont souciés de savoir si j’allais bien. Vraiment très sympa, l’équipage.»

Armel le Cléac’h a chaviré

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