Allemagne: le "Klassiker" de la dernière chance pour Kovac et le Bayern

Le milieu de Dortmund Mahmoud Dahoud aux prises avec le duo Jerome Boateng-Arjen Robben du Bayern Munich, lors du choc disputé le 31 mars 2018 en Bavière/AFP/Archives

Le milieu de Dortmund Mahmoud Dahoud aux prises avec le duo Jerome Boateng-Arjen Robben du Bayern Munich, lors du choc disputé le 31 mars 2018 en Bavière / AFP/Archives

Pour la première fois depuis longtemps, le “Klassiker” allemand de samedi entre Dortmund et Munich aura le parfum des très grands matchs, de ceux qui peuvent faire basculer une saison, entre un Borussia euphorique et un Bayern qui tient là une ultime chance de sortir de la crise qui le ronge depuis des semaines.

Pour les champions en titre, la pression est énorme. S’ils perdent, ils se retrouveront avec sept points de retard sur leurs rivaux historiques. Une forme d’abdication du pouvoir. Les spéculations repartiront de plus belle sur l’avenir de l’entraîneur Niko Kovac, qui semble perdre le contrôle semaine après semaine, malgré son sourire toujours éclatant devant les caméras.

“Ces dernières semaines, beaucoup de choses sont allées de travers au Bayern, et c’est justement pour cela que le duel samedi offre à mon ex-club une chance formidable de réaffirmer sa puissance”, estime, optimiste, l’ancienne gloire du Bayern Lothar Matthäus, aujourd’hui consultant redouté.

“Si Kovac retrouve les mots justes, ajoute-t-il, il peut renverser la vapeur. Mais pour cela, il n’a pas le droit de perdre à Dortmund”.

– Hoeness profil bas –

Le président du Bayern Munich Uli Hoeness (écharpe) lors d'un déplacement de son équipe à  Wolfsburg, le 20 octobre 2018/AFP/Archives

Le président du Bayern Munich Uli Hoeness (écharpe) lors d’un déplacement de son équipe à Wolfsburg, le 20 octobre 2018 / AFP/Archives

Le président du géant bavarois Uli Hoeness, qui ne brille pas d’ordinaire par sa modestie, fait pour une fois profil bas: “On ne peut pas aller à Dortmund en disant +on vient chercher les trois points+. Nous n’y allons pas en favoris, mais en outsiders, pour la première fois depuis longtemps”.

“Il va falloir qu’on se fasse mal, a prévenu l’expérimenté Thomas Müller. Dortmund peut beaucoup plus que nous se permettre un mauvais résultat dans ce match”.

Des siècles semblent être passés depuis la dernière rencontre entre les deux équipes en mars dernier: le Bayern avait alors détruit le Borussia 6-0 à l’Allianz Arena, avec cinq buts en première période.

Depuis, les deux entraîneurs ont changé, et le Borussia semble avoir pris les meilleures décisions. L’effectif a été très largement remanié et Lucien Favre, l’ex-coach de Nice, fait des merveilles sur le banc.

Ce match, le Suisse peut l’aborder sans trembler. Sans obligation de résultat, mais plutôt comme un test grandeur nature de la progression de son groupe. Car même en cas d’échec, Dortmund sera toujours leader de la Bundesliga samedi soir, avec un point d’avance.

– “Le Bayern peut se réveiller” –

Certes une défaite serait la deuxième consécutive, après le 2-0 mardi en Ligue des champions à Madrid contre l’Atletico (2-0). Mais elle n’aurait pas d’autre conséquence que de valider les propos de Favre, qui répète à l’envi que son équipe doit encore mûrir: “Nous avons fait beaucoup de progrès dans les trois ou quatre derniers mois, dit-il, mais nous avons encore beaucoup à apprendre tactiquement, et surtout les jeunes joueurs”.

Lucien Favre, l'entraîneur du Borussia, lors d'une conférence de presse à Dortmund, le 8 novembre 2018, à deux jours du choc contre le Bayern/dpa/AFP

Lucien Favre, l’entraîneur du Borussia, lors d’une conférence de presse à Dortmund, le 8 novembre 2018, à deux jours du choc contre le Bayern / dpa/AFP

Brillant en ce début de saison, le milieu de terrain belge Axel Witsel fait à 29 ans figure de vieux sage, et se méfie: “Dans un match comme celui-là le Bayern peut se réveiller, ce sera à nous de faire attention”.

Son directeur sportif Michael Zorc est lui aussi prudemment optimiste: “Nous avons de bonnes raisons d’aborder ce match avec confiance, compte tenu de nos performances ces dernières semaines (…) mais nous connaissons les forces du Bayern. Je m’attends à un match très chaud”.

Le Bayern a remporté les quatre dernières confrontations contre Dortmund, deux en championnat, une en coupe et la Super-coupe d’Allemagne 2017. Mais les statistiques récentes des deux équipes racontent une tout autre histoire: le Borussia, avec un jeu flamboyant, avait aligné depuis août une série de 15 matchs sans défaites avant celle de Madrid, dont un retentissant 4-0 à domicile à l’aller contre l’Atletico. Le Bayern, sans âme ni plan de jeu clair, a déjà concédé trois nuls, toutes compétitions confondues, et deux défaites, dont un non moins retentissant 3-0 à domicile contre Mönchengladbach.

Programme de la 11e journée (heures GMT)

Vendredi 9 novembre

Hanovre – Wolfsburg 2 – 1

Samedi 10 novembre:

(14h30) Fribourg – Mayence

Fortuna Dusseldorf – Hertha Berlin

Nuremberg – Stuttgart

Werder Brême – Mönchengladbach

Hoffenheim – Augsbourg

(17h30) Dortmund – Bayern Munich

Dimanche 11 novembre:

(14h30) RB Leipzig – Bayer Leverkusen

(17h00) Eintracht Francfort – Schalke 04

afp

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