À la Foire du livre de Brive, François Hollande « sonde le cœur des Français »

INTERVIEW – L’ancien président de la République a rejoint la Corrèze, ce vendredi, pour dédicacer son ouvrage «Les leçons du pouvoir». L’homme politique, qui chérit ces rencontres, affirme qu’elles sont aussi le meilleur moyen de comprendre ses concitoyens.

Envoyé spécial à Brive

Stoïque face à la fatigue, enthousiaste devant toute sollicitation, François Hollande, a multiplié les embrassades et les photographies à la Foire du livre de Brive. Vendredi 9 novembre, l’ex-chef de l’État a rejoint ses terres pour continuer la promotion des Leçons du pouvoir, son ouvrage bilan sur son quinquennat, publié en avril 2018. Même s’il affirme ne plus poursuivre aucun intérêt partisan, il n’en oublie pas pour autant que ces interactions avec les Français sont riches d’enseignements.

Le Figaro – Vous venez de signer votre dernier ouvrage Les leçons de pouvoir pendant plus de deux heures. Qu’est-ce qui vous motive à faire ces dédicaces?

François Hollande – J’aime faire cela, même si, bien sûr, elles sont fatiguantes. Si je n’aimais pas, je ne les ferais pas. Rien ne m’y oblige. Vous avez vu comme je procède? Je ne fais pas une dédicace automatique. J’essaie de personnaliser chacune de ces rencontres. De faire en sorte que cette relation soit inscrite dans les mémoires. Et pas seulement celle du lecteur: la mienne, aussi.

Vous continuez votre tour de France, de librairies en salons du livre. Vous êtes curieux de savoir ce que les Français pensent?

J’ai compris l’intérêt politique que ces rencontres avaient, il faut bien le dire. C’est aussi pour cela que je les multiplie. Je sonde le coeur des Français. J’entends ce qu’ils ressentent, disent. Et je ne me focalise pas simplement sur ce qu’ils pensent ou ont pensé de mon quinquennat. Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’ils vivent aujourd’hui, leur situation actuelle. Au début, je ne pensais pas faire des séances de dédicaces aussi nombreuses mais j’apprends beaucoup de choses à ce contact.

Des lecteurs ont fait 300 km pour vous voir.

Et certains viennent de loin dans le passé également! Des connaissances que j’ai rencontrées il y a des années. Certains évoquent nos familles, apportent des arbres généalogiques… Des photos me sont données, des clichés pris à des événements auxquels j’ai participé ou des moments forts de mon quinquennnat. Ils me donnent des lettres, des cadeaux. Ces témoignages humains sont des échanges très brefs mais très riches.

Pourquoi viennent-ils vous voir, d’après vous?

Certains viennent tout simplement parce que j’ai été président de la République. Notre discussion devient un document, une rencontre marquée dans le temps. D’autres pour donner des messages de sympathie et des témoignages de reconnaissance.

Ecrire, est-ce devenu une véritable activité pour vous?

Oui. Avant je n’écrivais rien. Mais j’ai un peu de temps maintenant.

Le premier ministre Édouard Philippe devait se rendre aujourd’hui à la Foire de Brive et a brusquement annulé…

Il a eu peur certainement. Il a reculé devant la foule! (Rires.)

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