10 raisons pour lesquelles «Enter The Wu-Tang (36 Chambers)» est encore et toujours le meilleur disque de rap 25 …

Le 9 novembre 1993 paraissait, sous étiquette Loud, un album qui allait révolutionner non seulement la musique rap, mais la musique tout entière.  

Non, nous ne faisons pas allusion à Midnight Marauders de A Tribe Called Quest, qui a été lancé le même jour et qui est aussi très bon.  

Nous parlons évidemment d’Enter The Wu-Tang, le premier album du collectif new-yorkais Wu-Tang Clan.  

Alors qu’à l’époque, rien ne laissait présager que cette première salve serait suivie d’un véritable tsunami musical portant le logo du Wu, il était bien clair dans l’esprit de RZA (le leader du groupe) qu’en l’espace de cinq ans, le groupe s’emparerait de 50% du marché du rap aux États-Unis et dans le monde.  

Vingt-cinq ans plus tard, bien que les prévisions du maître à penser de la bande se soient avérées légèrement trop optimistes, l’empreinte de Wu est indélébile dans l’histoire du hip-hop.  

La question est débattable, bien sûr, mais ici, chez Disque Dur, nous sommes prêts à affirmer qu’Enter The Wu-Tang est sans contredit le meilleur album de rap de tous les temps. Rien de moins. 

Voici pourquoi, en 10 points. 

1- Un attaque massive, un assaut sur les sens  

Dans l’histoire encore récente du rap à l’époque de 1993, on avait connu des duos, des trios, des quatuors… Même que N.W.A comptait 6 membres. Mais une formation composée de 9 rappeurs, on n’avait jamais vu ça! En écoutant Wu-Tang, on avait l’impression d’entendre une armée, ce qui était à peu près le cas quand on considère cette liste de 180 affiliés .  

2 – Les beats hypnotiques de RZA  

En plus d’être l’idéateur et le rassembleur à l’origine du Wu, RZA en est également le chef d’orchestre. Après l’échec de ses premières parutions sous le nom de Prince Rakeem, la légende veut qu’il se soit enfermé dans sa chambre pendant 6 mois, composant des beats sans arrêt. On ne sait pas trop ce qui s’est passé, mais il a carrément inventé un nouveau créneau musical, fait de productions lourdes et inquiétantes, aux boucles hypnotiques. Un son qu’on a tenté d’imiter des milliers de fois depuis, sans jamais l’égaler.  

3 – Des MCs sortis de nulle part dotés d’un talent fou  

Si RZA et GZA/Genius avaient effleuré l’industrie musicale et se servaient de leurs échecs respectifs comme motivation au sein du Clan, les 7 autres membres (Ol’ Dirty Bastard, Method Man, Raekwon, Ghostface Killah, Inspectah Deck, U-God et Masta Killa) étaient de purs inconnus quand le premier single «Protect Ya Neck» a été lancé en décembre 1992. Cette pièce, d’une puissance inouïe, est la fondation de l’univers du Wu-Tang Clan puisque c’est pour son enregistrement que RZA a réuni 8 des 9 MCs qui formeront officiellement le Clan. Seul Masta Killa (alors incarcéré) n’y apparaît pas.  

4 – Un univers sonore unique  

En plus des noms des rappeurs et de leurs personnalités singulières, ce qui frappait le plus lors des premières écoutes d’Enter The Wu-Tang, c’est l’enrobage cinématographique dans lequel le tout baignait. Grand amateur de films de kung-fu des années 1970, le RZA n’a pas hésité à échantillonner à outrance ses oeuvres favorites pour créer cette saveur alors inédite.  

5 – Un rythme parfait  

On reconnaît les grands albums à cette marque: on les écoute d’un bout à l’autre, comme un film, sans en sauter de bouts. Et Enter The Wu-Tang, c’est exactement cela. L’introduction est importante pour nous mettre dans l’ambiance, puis les premiers morceaux introduisent peu à peu les différents personnages, petit moment nostalgique avec «Can’t It All Be So Simple», suivi d’une enfilade de coups de poings en pleine face (de «Da Mystery of Chessboxin» à «Protect Ya Neck»), on respire (ou on pleure) enfin un peu pendant «Tearz», puis on termine en force avec «Wu-Tang: 7th Chamber—Part II».  

6 – La maîtrise de l’art du «skit»  

Fut une époque où un disque de rap n’était pas un disque de rap s’il ne comportait pas d’interludes entre les pièces, les fameux «skits». À ce jeu, les membres du Wu dominaient. En plus des classiques entrevues à la radio, celui dont tout le monde se souvient, c’est évidemment la fameuse «bataille de tortures» entre Raekwon et Method Man, tout juste avant que ce dernier ne se lance dans son incomparable «M.E.T.H.O.D. Man» qu’on peut presque considérer comme sa première chanson solo.  

7 – Pas besoin de «featuring»  

C’est un classique dans le monde du rap: on invite un autre artiste pour se faire éventuellement connaître et apprécier du public de celui-ci. Ce petit tour de passe-passe marketing vieux comme le monde n’était pas nécessaire chez le Wu-Tang Clan. Ce n’est que sur le troisième album du groupe qu’on finira par succomber à la tentation en invitant Redman sur «Redbull». (Tekitha, Streetlife et Shyheim, qui sont tous présents sur le deuxième album, ne sont pas considérés comme des «featuring» parce qu’ils font partie de la famille élargie du Wu)  

8 – Un logo facilement identifiable  

Il n’y a pas beaucoup de groupes de musique qui peuvent se vanter d’avoir des logos aussi aisément reconnaissables que les plus grandes marques commerciales, encore moins dans le rap. Pourtant, dès son arrivée sur la scène, le Wu s’est assuré de se distinguer de tous ses rivaux grâce à une identité visuelle redoutable. Avec son son unique, ses personnalités fortes, sa présence imposante et son logo identifiable parmi mille, la recette du Wu est simplement parfaite et irrésistible. Ajoutez à cela qu’on peut faire le W en joignant les deux mains ouvertes. Du génie.  

9 – Des clips qui en rajoutent une couche  

Si la singularité du groupe est déjà évidente à l’écoute de son premier album, les vidéoclips qui en sont extraits contribuent d’autant plus à rendre les pièces musicales mémorables.«Protect Ya Neck» est un chef d’oeuvre de simplicité, d’amateurisme et de candeur menaçante. («jump cuts», erreurs dans les noms des rappeurs, etc.) «M.E.T.H.O.D. Man» est un one-man show qui a fait entrer Method Man l’histoire du rap par la grande porte, tandis que dans «Da Mystery of Chessboxin» on se plongeait à pieds joints dans l’univers des Shaolin, des arts martiaux extrême-orientaux et des échecs.  

10 – Une influence sur tout ce qui s’est fait depuis  

Après la première vague d’albums solo et le deuxième album du groupe (Wu-Tang Forever), le blason du Wu a commencé à perdre de l’éclat. Néanmoins, ces cinq années fertiles nous ont donné plus d’une centaine de pièces réparties sur une bonne demi-douzaine de disques.Les rappeurs d’aujourd’hui, comme Tyler The Creator et son crew Odd Future, Kanye West et sa fascination pour les samples de musique soul accélérée ou encore les Lil’ Pump, Tekashi69 et autres consorts au mode de vie digne d’Ol’ Dirty Bastard, doivent une fière chandelle au premier album de Wu-Tang Clan.  

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