Paris Photo 2018: les femmes photographes à l'honneur

C’est le rendez-vous incontournable dans le monde de l’image, attirant chaque année collectionneurs, photographes, ou passionnés. Jusqu’au 11 novembre, Paris Photo, la plus grande foire internationale de photographie du monde, se tient sous la nef du Grand Palais, à Paris.



Pour cette 22e édition -réunissant 196 exposants venus de 38 pays-, les femmes photographes, parfois oubliées, souvent méconnues, sont à l’honneur : de Julia Margaret Cameron, l’une des premières à avoir pratiqué la photographie au milieu du 19e siècle, aux artistes contemporaines, en passant par le courant féministe d’avant-garde des années 70.

Parcours « Elles x Paris Photo »

Cette proposition prend la forme d’un parcours intitulé « Elles x Paris Photo », une initiative conjointe du ministère de la Culture et de Paris Photo. Sur place, les différentes œuvres à en faire partie sont signalées par un autocollant orange. Près de 100 images retracent ainsi les différents mouvements dans l’histoire de la photographie, sous le prisme des femmes.

« Les femmes s’emparent du médium dès le début de la photographie, et peu à peu, on les a oubliées. L’homme a souvent pris le pas sur la femme, alors qu’elles ont beaucoup créé, ont compté dans l’histoire de la photographie », explique Fannie Escoulen, commissaire indépendante, qui a été invitée pour programmer ce parcours.

Selon elle, cette initiative traduit aussi une prise de conscience dans la société sur la question du manque de visibilité des femmes. « Cela dépasse les arts comme le montre le mouvement #MeToo. Les choses peuvent changer très vite, les gens sont avides de découvrir les œuvres des femmes », estime-t-elle.

« Notre manque de visibilité ruine nos carrières »

Jeudi 8 novembre, 13 femmes, aux origines diverses, faisant partie de La Part des Femmes, collectif engagé en faveur de la visibilité des femmes photographes, ont présenté leur « Manifeste pour la photographie ». « Nos capacités de création et de production sont faibles, notre manque de visibilité ruine nos carrières. Nous ne représentons que 20% des artistes aidées par des fonds publics », ont-elles dénoncé sur la scène de l’auditorium de Paris Photo.

Pour Marie Docher, photographe, membre du collectif, « Elles x Paris Photo » constitue une initiative salutaire. « Pendant un moment, il faut mettre le pied dans la porte. On ne peut pas faire autrement », affirme-t-elle.

Paris Photo 2018: les femmes photographes à l’honneur

La 22e édition de Paris Photo propose un parcours pour mettre à l’honneur les femmes.

RFI/David Pauget

Par David Pauget

La plus grande foire de photographie du monde se tient jusqu’au 11 novembre 2018 sous la nef du Grand Palais, à Paris. Cette année, les femmes photographes, souvent méconnues, sont à l’honneur.

C’est le rendez-vous incontournable dans le monde de l’image, attirant chaque année collectionneurs, photographes, ou passionnés. Jusqu’au 11 novembre, Paris Photo, la plus grande foire internationale de photographie du monde, se tient sous la nef du Grand Palais, à Paris.



Pour cette 22e édition -réunissant 196 exposants venus de 38 pays-, les femmes photographes, parfois oubliées, souvent méconnues, sont à l’honneur : de Julia Margaret Cameron, l’une des premières à avoir pratiqué la photographie au milieu du 19e siècle, aux artistes contemporaines, en passant par le courant féministe d’avant-garde des années 70.

Parcours « Elles x Paris Photo »

Cette proposition prend la forme d’un parcours intitulé « Elles x Paris Photo », une initiative conjointe du ministère de la Culture et de Paris Photo. Sur place, les différentes œuvres à en faire partie sont signalées par un autocollant orange. Près de 100 images retracent ainsi les différents mouvements dans l’histoire de la photographie, sous le prisme des femmes.

« Les femmes s’emparent du médium dès le début de la photographie, et peu à peu, on les a oubliées. L’homme a souvent pris le pas sur la femme, alors qu’elles ont beaucoup créé, ont compté dans l’histoire de la photographie », explique Fannie Escoulen, commissaire indépendante, qui a été invitée pour programmer ce parcours.

Selon elle, cette initiative traduit aussi une prise de conscience dans la société sur la question du manque de visibilité des femmes. « Cela dépasse les arts comme le montre le mouvement #MeToo. Les choses peuvent changer très vite, les gens sont avides de découvrir les œuvres des femmes », estime-t-elle.

« Notre manque de visibilité ruine nos carrières »

Jeudi 8 novembre, 13 femmes, aux origines diverses, faisant partie de La Part des Femmes, collectif engagé en faveur de la visibilité des femmes photographes, ont présenté leur « Manifeste pour la photographie ». « Nos capacités de création et de production sont faibles, notre manque de visibilité ruine nos carrières. Nous ne représentons que 20% des artistes aidées par des fonds publics », ont-elles dénoncé sur la scène de l’auditorium de Paris Photo.

Pour Marie Docher, photographe, membre du collectif, « Elles x Paris Photo » constitue une intiative salutaire. « Pendant un moment, il faut mettre le pied dans la porte. On ne peut pas faire autrement », affirme-t-elle.

« Cette visibilité extrêmement réduite nuit à la photographie. L’image est une réflexion sur le monde, donc sans celle des femmes, cela ne donne qu’un point de vue », ajoute-t-elle. Une question qui traverse le monde de la photographie, comme en témoigne l’exposition « Qui a peur des femmes photographes ? », présentée au Musée d’Orsay et celui de l’Orangerie, en octobre 2015.

« Cette visibilité extrêmement réduite nuit à la photographie. L’image est une réflexion sur le monde, donc sans celle des femmes, cela ne donne qu’un point de vue », ajoute-t-elle. Une question qui traverse le monde de la photographie, comme en témoigne l’exposition « Qui a peur des femmes photographes ? », présentée au Musée d’Orsay et celui de l’Orangerie, en octobre 2015.

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