Nantes s'offre un nouveau stade, et garde l'ancien

Nantes aura finalement deux stades. Johanna Rolland, maire et présidente PS de Nantes Métropole, vient de donner son feu vert à la construction de l’arène de 40.000 places  réclamée depuis des années par Waldemar Kita, le président et propriétaire du Football Club de Nantes (FCN).

Le foncier nécessaire au projet, soit 8 hectares, sera cédé au prix déterminé par les Domaines. « Le cap est tenu, ce projet sera 100 % privé », rappelle l’élue. « Il n’est pas question que l’argent public aille au foot business et au foot professionnel. Nous avons d’autres priorités », estime la maire, évoquant le contre-exemple des 130 millions d’euros engagés par Strasbourg pour la rénovation de son stade.

Pour autant, Johanna Rolland estime aussi que le nouveau stade « doit absolument se faire car sans cela, dans 5 à 10 ans, l’équipe ne pourra plus jouer dans l’enceinte actuelle. Notre rôle est d’anticiper ».

La Beaujoire demeure

Comme prévu, la nouvelle arène sera construite à quelques mètres de l’actuel stade de La Beaujoire d’une capacité de 40.000 sièges également mais vieux de 40 ans. Il est la propriété de la communauté urbaine.

En revanche, et c’est là une surprise, La Beaujoire ne sera pas détruite comme cela était initialement prévu. Cette décision apaisera une partie des supporters, qui s’était farouchement mobilisée contre la destruction de ce lieu chargé d’histoire.

Les deux stades vivront donc leur vie côte à côte, « Il y a eu une expression forte sur l’attachement au patrimoine et affectif à ce stade », constate Johanna Rolland. « L’ancien stade conservera une vocation sportive, nous prendrons le temps de choisir laquelle mais les usages potentiels ne manquent pas ». La piste du rugby est évoquée.

La cohabitation de deux stades si proches n’est pas inédite. L’élue évoque le cas de Bordeaux, Lyon, Lille, Toulouse ou Paris, avec le Parc des Princes pour le foot et Jean-Bouin pour le rugby. Bon nombre d’agglomérations souhaitent désormais rassembler sur des campus l’ensemble de leurs activités sportives.

Le club peut financer seul

En revanche, le nom de Yellowpark semble abandonné. Surtout, Nantes Métropole renonce au grand projet urbain de 23 hectares qui devait entourer et financer le nouvel équipement. Ce dossier devait être confié au promoteur nantais Réalités. Il est annulé.

Il prévoyait 1.500 logements et des locaux commerciaux et d’activités, soit un total de 170.000 mètres carrés à construire. Initialement, ce projet immobilier devait contribuer à financer le stade, d’un coût de 200 millions d’euros. « Mais l’annonce de la hausse de 65 % des droits TV sur le foot donne au porteur une capacité financière qui n’était pas présente au début », indique Johanna Rolland évoquant les « garanties financières et bancaires particulièrement conséquentes », présentées par Waldemar Kita.

Le temps presse pour le patron du FCN qui veut recevoir dans sa nouvelle enceinte des matches de la  Coupe du monde de rugby, en 2023 puis le foot des Jeux Olympiques de 2024. Pour cela, le chantier doit être achevé en 2022. Cela implique des premiers coups de pelleteuse dès l’an prochain.

Leave a Reply

avatar
  S’abonner  
Notifier de