Manfred Weber, Spitzenkandidat attendu du Parti populaire européen

L’Allemand Manfred Weber a été choisi comme candidat à la présidence de la Commission pour le PPE. Son concurrent, Alexander Stubb n’a remporté que 20 % des voix.

Le 8 novembre, Manfred Weber a été choisi pour représenter le Parti populaire européen, le plus grand parti du Parlement européen, dans la course à la présidence de la Commission.

La question sur toutes les lèvres est de savoir si le Conseil européen est prêt à soutenir Manfred Weber en tant que prochain président de la Commission. Sur ce point, Manfred Weber ne semble pas inquiet.

« La plus grande famille politique m’a élu meilleur candidat », s’est-il réjoui après le vote, ajoutant que le choix du prochain président de la Commission était entre les mains des électeurs européens. « Que quelqu’un au Conseil européen ose me dire qu’il se fiche du résultat des élections européennes. »

Manfred Weber a obtenu 492 voix au congrès du PPE à Helsinki, tandis qu’Alexander Stubb était loin derrière avec 127 voix.

Juste avant la publication du résultat, la chancelière allemande Angela Merkel, qui a récemment annoncé son intention de se retirer à la fin de son mandat actuel, a déclaré qu’elle était « de tout cœur avec Manfred Weber ».

Avec le soutien des délégués allemands du PPE, le sort de Weber a en réalité toujours été entre de bonnes mains.

Alexander Stubb: «Je suis un peu un geek de l’UE»

Après avoir servi comme ministre et Premier ministre en Finlande, et acquis une expérience de premier plan dans la gestion de crises européennes, Alexander Stubb est maintenant en lice pour le poste le plus élevé de la Commission européenne.

Une nouvelle figure entre dans la course

Le professeur Steven Van Hecke de l’Université de Louvain, qui était à Helsinki pour suivre les événements, estime que Manfred Weber peut encore avoir des difficultés à obtenir le soutien du Conseil européen, qui approuvera l’un des principaux candidats des partis politiques européens comme prochain président de la Commission. La décision du Conseil, telle qu’elle figure dans le Traité de l’Europe, tiendra compte des résultats des élections européennes.

Dans un entretien accordé à Euractiv, Steven Van Hecke a déclaré qu’il y avait une chance que Manfred Weber soit « éconduit » vers un rôle institutionnel moins important que la présidence de la Commission.

« Emmanuel Macron aura beaucoup de mal à accepter l’idée d’un président allemand », selon Steven Van Hecke. « Un candidat comme Stubb aurait été plus facile à digérer pour la présidence française. »

Cependant, une autre figure vient d’entrer dans la course : Michel Barnier. Le négociateur en chef du Brexit est entré en scène immédiatement après le dernier débat entre Manfred Weber et Alexander Stubb.

Candidat malheureux en 2014 face à Jean-Claude Juncker, Michel Barnier a déclaré avec assurance que le PPE serait mis à l’épreuve lors des élections de l’année prochaine, et qu’il était d’une importance capitale que le premier parti européen commence dès maintenant à gagner du terrain. « Nous allons gagner cette élection », a-t-il affirmé.

Selon Steven Van Hecke, Michel Barnier a bien plus de chances d’être le favori d’Emmanuel Macron que Manfred Weber. Il note que, bien que le Français se soit exclu de la course aux Spizenkandidats, il n’a jamais dit explicitement que le poste le plus élevé à la Commission ne l’intéressait pas.

Federico Ottavio Reho, chercheur au Centre d’études européennes Wilfried Martens, groupe de réflexion affilié au PPE, a confié à Euractiv que le Conseil serait déraisonnable de ne pas tenir compte du large soutien que Manfred Weber a reçu dans tout le continent.

Les défis de Manfred Weber, selon Federico Ottavio Reho, seront d’abord d’obtenir une bonne majorité au Parlement européen, puis de convaincre le Conseil de ses compétences pour diriger l’UE.

Cependant, les sondages suggérant une perte de sièges pour le PPE, le parti pourrait devoir envisager la nécessité de former une coalition.

« Notre objectif est d’obtenir le plus grand groupe, d’être la force motrice. Ensuite, nous devrons nous asseoir avec d’autres partis », a signifié Manfred Weber. « Mais soyons clairs : être le parti majoritaire signifie que nous obtiendrons le mandat. »

Le casse-tête hongrois

Manfred Weber doit maintenant se pencher sur le cas Fidesz, en Hongrie. Le parti doit-il être autorisé à rester membre du PPE près une série de violations présumées du droit communautaire ? Bien que le nouveau président du PPE n’ait rien laissé entendre quant à sa propre position sur la question, il a reconnu qu’il allait « travailler dessus ».

« Je crains que Weber ne soit pas capable d’apporter quelque chose de nouveau ou de frais face à l’évolution rapide du paysage européen et mondial », a cependant commenté Shada Islam, directeur du département Europe et géopolitique de Friends of Europe.

« L’un des plus grands défis du PPE à l’heure actuelle est de savoir comment gérer le parti d’Orban, le Fidesz – et jusqu’ici, Manfred Weber refuse de préciser s’il soutient l’expulsion du PPE. »

Le Fidesz d’Orbán rappelé à l’ordre par le PPE

Lors de son congrès annuel, le PPE a enjoint le Fidesz de Viktor Orbán à respecter certaines valeurs démocratiques sous peine de risquer l’exclusion.

« Il a fait du bon boulot »

« Je suis content du résultat. C’était formidable de pouvoir défendre les valeurs de l’UE, et je suis très heureux pour Manfred. Il a fait du bon boulot » a confessé Alexander Stubb, faisant preuve de courage après la défaite cuisante dans son pays natal, avec un écart que même les partisans de Manfred Weber n’avaient pas prévu.

Comme le Finlandais l’avait mentionné dans son discours de clôture, la campagne de Manfred Weber pour la direction du plus grand parti de l’UE a été caractérisée par sa bonne nature et son comportement de « gentleman ».

Lors du dernier débat, il s’est montré plus intransigeant, avec ses contrôles stricts aux frontières sa frontière extérieure à l’UE dans laquelle « personne ne pourra entrer sans passeport ». Du pain béni pour le camp populiste croissant en Europe.

Il a ajouté que la Turquie ne serait jamais membre de l’Union européenne sous sa présidence, et que l’avenir de l’UE était « non seulement l’innovation », mais aussi de « façonner une Europe dont nous puissions être fiers ».

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