Les ex-salariés de GM&S assignent en justice Renault et PSA

Les ex-salariés de l’équipementier automobile creusois GM&S Industry, où 157 salariés ont été licenciés en 2017 lors de la reprise de l’usine devenue LSI, ont assigné en justice Renault et Peugeot, qu’ils tiennent pour responsables de la baisse de charge, a annoncé le jeudi 8 novembre la CGT. Les ex-salariés avaient envoyé en octobre un courrier aux deux constructeurs, à qui ils reprochent leur position dominante et les conséquences sur le devenir de l’usine.

“Le syndicat CGT, l’association de défense des salariés-es de GM&S, le comité d’entreprise de LSI, et l’unanimité des salariés-es concernés-es réunis en assemblée générale, ne céderont pas aux menaces. C’est dans ces conditions que l’action en responsabilité contre ces deux constructeurs a été engagée”, lit-on dans le communiqué.

Les assignations “ont été délivrées (reçues le 5 novembre par PSA et le 6 novembre par Renault) devant le tribunal de grande instance de Guéret (Creuse), et au regard des éléments dont nous disposons et des preuves accumulées, il faudra bien que les constructeurs soient judiciairement contraints à indemniser le préjudice subi”, poursuit le communiqué.

Une liquidation judiciaire en juin 2017

GM&S Industry avait été placé en liquidation judiciaire en juin 2017, le repreneur GMD limitant à 120 le nombre de personnels repris, chiffre contre lequel les salariés et leurs représentants avaient engagé un combat sans succès.

Ils avaient fait appel en vain au gouvernement pour obtenir une réduction du nombre de licenciés et des indemnités supra-légales pour les partants, compte-tenu du contexte économique et géographique de la région de La Souterraine où est implantée l’usine.

“Nous attaquons PSA et Renault pour ce qu’ils nous ont fait subir depuis des années, les vies brisées, les carrières cassées, la souffrance des familles et sans oublier les conséquences psychologiques. Tout cela a été orchestré par les constructeurs automobiles, nous demandons réparation !”, précise le communiqué. 

“Un signal négatif” selon PSA

Sollicité par Reuters, un porte-parole de PSA a déclaré que “PSA a respecté ses engagements et cela est parfaitement auditable”. “Cette assignation en justice est un signal négatif qui n’est pas de nature à permettre au site de travailler avec de nouveaux clients et de se développer”, a-t-il ajouté.

Renault n’a pas souhaité commenter ces informations.

Selon la CGT, sur les 157 licenciés, 31 ont retrouvé un CDI, 19 pourront partir en retraite d’ici deux ans, trois ont créé leur entreprise, 17 sont en CDD de plus de 6 mois, 17 de moins de 6 mois, 10 sont en formations longues.

Avec Reuters (Claude Canellas, avec Gilles Guillaume, édité par Jean-Baptiste Vey)

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