Le frère de Boris Johnson démissionne à son tour du gouvernement May

VIDÉO – Proeuropéen, le discret secrétaire d’État aux Transports Jo Johnson dénonce le projet d’accord « incohérent » de la première ministre sur le Brexit et réclame un second référendum.

Correspondant à Londres

La colère d’un Johnson peut en cacher une autre. Quatre mois après la démission tonitruante de Boris Johnson du gouvernement de Theresa May pour protester contre sa gestion du Brexit, c’est au tour de son frère, le beaucoup plus discret Jo Johnson, 46 ans, de lui emboîter le pas pour des raisons similaires quoique diamétralement opposées. Peu habitué à faire de vagues à l’inverse de son aîné, ce dernier a annoncé vendredi après-midi sa démission de son poste de secrétaire d’État aux Transports.

Dans une vidéo et un article mis en ligne sur Twitter, il dit ne pas pouvoir soutenir le Brexit «incohérent» préparé par Theresa May et appelle à un nouveau référendum. «Il est impératif que nous retournions devant le peuple pour vérifier s’il est satisfait de continuer sur cette base extraordinaire», justifie-t-il. Au moins une dizaine d’élus tory soutiennent déjà une nouvelle consultation.

Le projet sur le point d’être finalisé par Theresa May avec les Européens serait une «terrible erreur», loin des promesses du référendum de 2016. Il «nous laisserait piégés dans une relation de subordonné à l’Union européenne sans voix au chapitre sur les règles qui impacteraient des pans immenses de notre économie». Il dénonce la fausse alternative présentée par le gouvernement entre un accord synonyme de «vasselage», et un «no deal» qui se traduirait par le «chaos».

«La Grande-Bretagne est au bord de la plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale», tonne-t-il. Cette sortie inattendue d’un politicien conservateur policé et discipliné est de très mauvais augure pour Theresa May. Les négociations avec Bruxelles, dans leur dernière ligne droite, seraient sur le point d’être conclues. La première ministre escomptait en présenter les résultats à son gouvernement lundi ou mardi, avant un sommet extraordinaire à Bruxelles d’ici à la fin du mois pour finaliser l’accord avec les Vingt-Sept, puis une ratification soumise au Parlement britannique en décembre.

Ce coup d’éclat d’un membre jusque-là loyal du gouvernement menace ce plan prudemment échafaudé. On redoutait la fronde vociférante des «Brexiters» conservateurs extrémistes, l’attaque la plus sévère vient du centre modéré proeuropéen.

Le timide Jo Johnson se retrouve de façon inattendue aux côtés de son tempétueux aîné. «Mon frère Boris, qui a mené la campagne pour quitter l’UE, est aussi insatisfait des propositions du gouvernement que je le suis. Il a justement observé récemment que les dispositions prévues seraient «substantiellement pires que de rester dans l’UE». Là-dessus, il a raison sans aucun doute.» Amèrement, il conclut: «si ces négociations n’ont pas abouti à grand-chose d’autre, elles nous ont au moins réunis dans une consternation fraternelle».

Leur sœur, la journaliste Rachel Johnson, proeuropéenne également et partisane d’un second référendum sur le Brexit, se dit «immensément fière» de Jo, «qui a fait passer les intérêts du pays devant sa carrière politique».

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