Grièvement blessée en Thaïlande, une Nordiste bientôt lâchée par son assurance

Ce devait être un de ces voyages initiatiques de jeunesse. Le genre d’aventure sac au dos qui vous fournit des souvenirs pour la vie et vous fait voir le monde. Coralie Olonde voulait aussi faire le plein d’expériences dans le cadre de ses études de tourisme. Peaufiner son anglais et gagner en crédibilité pour son futur métier. Cette jeune femme de Neuville-en-Ferrain, âgée de 23 ans, s’est envolée début octobre pour un périple de plusieurs mois en Asie du sud-est et barouder à travers la Thaïlande, le Laos et le Vietnam.

Le début du voyage se déroule sans accroc, Coralie vit son rêve. Jusqu’au 29 octobre. Passagère d’un scooter qui la mène vers la gare routière de Chiang Rai, à l’extrême nord de la Thaïlande, pour prendre un bus vers le Laos, elle est victime d’un très grave accident de la route. La Neuvilloise passe sous les roues d’un camion. Elle est très grièvement blessée.

Coralie, au début de son voyage en Thaïlande. C’est sa maman qui nous a transmis ces photos.
Coralie, au début de son voyage en Thaïlande. C’est sa maman qui nous a transmis ces photos.

« On l’a appris plus tard mais l’hôpital pensait juste maintenir ma fille en vie le temps que nous arrivions pour lui dire au revoir »

Quelques heures plus tard, le téléphone sonne dans la maison familiale de Neuville. L’ambassade de France conseille de faire « 
au plus vite
 » « 
On est parti tout de suite, raconte Caroline Olonde, la maman de Coralie. On avait très peu d’informations sur son état mais je me doutais que c’était grave, je le sentais. » Les seize heures de vols sont une torture. « 
C’était interminable, horrible, souffle-t-elle. On l’a appris plus tard mais l’hôpital pensait juste maintenir ma fille en vie le temps que nous arrivions pour lui dire au revoir. »

Les blessures de Coralie sont extrêmement graves
 : le foie, les reins, la vessie sont notamment touchés. Avec sa mère et une de ses sœurs à ses côtés, la jeune femme s’accroche pourtant et déjoue les pronostics. À l’hôpital de Chiang Rai, on parle d’elle comme d’une survivante, d’une miraculée.

« On nous a dit qu’une fois que nous aurions atteint le plafond, ce serait à nous de payer si elle reste là-bas »

En début de semaine, Coralie a été transférée à Bangkok, la capitale, où les opérations sont quotidiennes pour réparer son corps meurtri. « 
Elle est toujours en soins intensifs, indique sa maman. Elle n’est pas tirée d’affaire. » La situation a pris une tournure un peu plus compliquée ces derniers jours. « 
L’hospitalisation coûte cher et son assurance s’inquiète. Ils voulaient la rapatrier ce vendredi mais elle n’est pas transportable, poursuit Caroline Olonde. Alors on nous a dit qu’une fois que nous aurions atteint le plafond, ce serait à nous de payer si elle reste là-bas. Elle se bat pour vivre, elle est consciente depuis le début mais apprendre ça, ça la détruit. Elle s’est sentie abandonnée. Elle m’a dit
«si c’est pour t’endetter à vie, autant que je meure». Vous imaginez ?
 »

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