Cercueil blanc de Johnny Hallyday : « C'est du délire, nous n'en vendons pas plus qu'avant ! »

DÉCRYPTAGE – Non, la bière en érable blanc finition mat dans laquelle repose le rocker à Saint-Barth n’est pas en rupture de stocks. Fabriqué par Les Menuiseries Ariégeoises, le modèle attire certes la curiosité, mais ne s’écoule pas comme des petits pains comme le rapportent certains médias.

«Cette histoire prend une tournure rocambolesque. Je n’ai jamais dit que nous étions submergés par les ventes de ce fameux cercueil blanc». M. Ceotto, le patron de l’entreprise de Pompes funèbres de Vitry-le-François, dans la Marne, pourrait en rire si cette histoire n’était pas bête à mourir. La mort ne respecte aucun calendrier, mais elle rythme souvent la vie des journalistes. Chaque année, à la Toussaint, notre homme reçoit les envoyés spéciaux du quotidien local, L’Union, pour un reportage sur les dernières tendances funéraires.

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«Cette fois, c’était un nouveau reporter, je ne le connaissais pas. Après l’interview, il a voulu visiter notre salle d’exposition. Il s’arrête devant un cercueil blanc et me dit: ‘‘Mais, c’est celui de Johnny !” Je lui réponds que c’est le même en effet que celui dans lequel repose la dépouille du chanteur. Mais je n’ai jamais dit qu’il s’agissait de celui du rocker. C’est un cercueil blanc de la gamme des Menuiseries Ariégeoises, en forme de tombeau. Rien de plus.» Le lendemain, quelle ne fut pas sa surprise de découvrir l’article qui est consacré aux préparatifs mortuaires. «Là, j’ai vu le titre, je n’en revenais pas. ‘‘Il vend le cercueil de Johnny!”», se souvient-il. Avant l’effet boule de neige provoqué par cet article.

«Par définition, nous faisons un métier qui exige une certaine discrétion et là, j’ai vu débarquer M6, C8, des journaux nationaux et régionaux. Nous ne sommes pas habitués à ce genre de tapage»

À partir de cette info quelque peu déformée de L’Union, La Dépêche du Midi en déduit que «les commandes doivent donc affluer» chez les Menuiseries de l’Ariège sans citer de chiffres, et encore moins les représentants de cette entreprise du Sud-Ouest. Ce cercueil qui était vendu bien avant la disparition de l’ex-idole des jeunes se voit affublé d’un nom de modèle, il s’agirait du «Tennessee». Renseignement pris auprès des spécialistes, il s’agit du modèle «Cluny», un classique auquel le fabricant a ajouté, spécialement pour Johnny, deux poignées supplémentaires.

Dans les jours suivants cette parution de L’Union, l’entrepreneur des Pompes funèbres voit alors défiler les émissaires des rédactions de France et de Navarre devant sa vitrine. «Par définition, nous faisons un métier qui exige une certaine discrétion et là, j’ai vu débarquer M6, C8, des journaux nationaux et régionaux, explique encore M. Ceotto. Franchement, nous ne sommes pas habitués à ce genre de tapage. C’est du délire».

L’intéressé reconnaît bien entendu que le cercueil blanc ne laisse pas indifférent. «Il a été très remarqué depuis les obsèques de Johnny Hallyday à la Madeleine mais nous n’en vendons pas plus, ni moins qu’avant, reconnaît-il. J’ai même demandé à mes confrères s’ils avaient des demandes particulières pour ce cercueil et je peux vous assurer que ce n’est pas le cas. Nous restons tous dans les mêmes proportions de ventes. À mille lieues de la folie décrite par les médias.»

Chez le fabricant ariégeois, qui produit 70.000 cercueils par an, on ne préfère pas commenter cette histoire. Lorsque l’on interroge le service commercial sur l’état exact de leur carnet de commandes, la réponse est immuable: «Les consignes de la direction nous invitent à ne pas communiquer à ce sujet.» Pas la peine d’insister, ils restent muets comme une tombe.

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