Route du Rhum : le passage des écluses sur le bateau de Bertrand de Broc

Lorsque le catamaran de Bertrand de Broc quitte en premier les quais du bassin Vauban, c’est sous la clameur et les applaudissements de la foule amassée le long des barrières. La petite dizaine de proches et d’amis qui a pris place sur le bateau sent monter une émotion et mesure alors complètement la chance de faire partie des rares privilégiés à vivre le passage des écluses sur l’un des 123 voiliers de la course.

Un zodiac de l’organisation s’approche du bateau Cre’actuel et un commissaire lance au skipper “Vous êtes le premier à entrer dans le sas. Ce sera à 13h03”.

A bord, plusieurs personnes se regardent en souriant. L’émotion monte d’un cran. Et c’est lorsque le voilier fait son entrée dans le sas qu’elle est à son comble. Une foule bigarrée et aux anges acclame le skipper accompagné des notes de musique d’un groupe guadeloupéen. Des minutes intenses et festives qui ne peuvent que réjouir Bertrand de Broc.

“C’est un vrai plaisir de voir le public joyeux et les gens heureux. C’est pour ça aussi que l’on fait ce métier”. 

Après vingt minutes à attendre que d’autres bateaux se positionnent dans le sas et que le niveau d’eau baisse, les portes de l’écluse s’ouvrent côté mer. Le bateau peut alors s’élancer vers le large, sous les cris et les applaudissements des milliers d’amateurs regroupés sur les remparts et tout au long du Môle des Noires. Le catamaran va ensuite se positionner au port des Bas-sablons où l’organisation a pu réserver quelques emplacements pour certains concurrents.

Objectif : terminer l’épreuve

Pour Bertrand de Broc et les amis qui l’aident à préparer le catamaran TS52 qui s’aligne dans la catégorie Rhum Multi, la journée n’est pour autant pas terminée. Ils ont encore quelques points de préparatifs à peaufiner, surtout qu’une des voiles n’a été livrée que ce samedi matin.

Le skipper, qui a déjà participé à trois Route du Rhum (la première fois en 1990), sans malheureusement pouvoir les terminer, se donne pour objectif d’ amener à Pointe-à-Pitre son bateau en bon état”, même s’il pense mettre deux semaines de plus que les plus rapides.

Celui qui est connu pour s’être recousu lui-même la langue lors du Vendée Globe 1992, a trouvé un sponsor sur le tard : Cre’actuel, un constructeur de maisons individuelles de l’ouest et une marraine au grand coeur, Laurence Linière, qui combat le cancer avec force et énergie.

Une météo inquiétante

En cette veille de départ, le skipper est très attentif aux derniers bulletins météo. Les annonces d’un temps musclé à venir dans les deux jours qui suivent le départ, inquiètent sérieusement ce baroudeur des mers et son routeur d’expérience Marc Guillemot. Les deux compères étudient la meilleure stratégie pour éviter casse et danger sachant qu’un catamaran dans le gros temps demande une attention de tout instant.