Mexique : Un couple de tueurs en série avoue avoir tué une vingtaine de femmes

Illustration des forces de police de Chihuahua, au Mexique, transportant un cadavre. — DANIEL ACOSTA / AFP

Leurs interrogatoires font froid dans le dos. Jeudi dernier, les policiers mexicains ont arrêté, à Ecatepec, une banlieue au nord-est de Mexico, un couple de tueurs en série qui transportait des restes humains dans une poussette. L’homme et la femme sont soupçonnés d’avoir tué une vingtaine de femmes.

Si la ville d’Ecatepec, l’une des zones les plus pauvres et violentes de la capitale, est habituée à la criminalité, les révélations sur ce couple de tueurs en série ont laissé les habitants sous le choc. Dans un appartement où vivait le couple, Juan Carlos « N » et Patricia « N », les enquêteurs ont retrouvé dans un réfrigérateur et dans des récipients remplis de formol les restes de plusieurs femmes qu’ils avaient tuées.

La vidéo des interrogatoires diffusée par les médias mexicains

Selon les premiers éléments, le couple attirait principalement des mères célibataires aux revenus modestes en leur proposant à la vente des vêtements pour bébés. Lors de son interrogatoire, Juan Carlos « N » a admis avoir abusé sexuellement de plusieurs d’entre elles avant de les assassiner et de vendre leurs affaires.

Dans la vidéo, diffusée par les médias mexicains, l’homme, âgé d’une trentaine d’années, explique qu’il préfère « voir ses chiens manger la chair de ces femmes plutôt qu’elles ne continuent de respirer (son) oxygène ». Il prévient que s’il est libéré, il continuera de tuer des femmes pour « nettoyer le monde » de ces « saloperies », avant de fondre en larmes, racontant qu’une ancienne compagne l’a quitté pour un autre.

« Les deux sont capables de distinguer le bien du mal »

Il raconte enfin que lorsqu’il avait dix ans, sa mère se prostituait et le confiait à une autre femme, qui abusait de lui. Selon un examen psychiatrique, Juan Carlos « N » présente « un désordre mental avec psychose et trouble de la personnalité », tandis que sa compagne est « déficiente mentale depuis sa naissance ». « Les deux sont capables de distinguer le bien du mal » précise toutefois le document.

La ville d’Ecatepec, qui compte 1,7 million d’habitants, détient le triste record de féminicides du pays. Des corps mutilés, brûlés ou à moitié nus apparaissent régulièrement dans les champs, terrains vagues ou eaux usées dans cette banlieue de la capitale. Dans l’État de Mexico, où est située Ecatepec, 301 femmes ou jeunes filles ont été assassinées l’an dernier, selon des chiffres officiels. «  Ces crimes sont commis avec une haine évidente », selon la responsable de l’Observatoire national citoyen des féminicides, Maria Luz Estrada.